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Bienvenu(e) sur le p'tit coin d'Ivoirboy

"N'an laara, an saara" (Si nous nous couchons, nous sommes morts).

Ivoirboy IVOIRBOY

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6/21/2009

ÉVÉNEMENT : BEDEL PATASSÉ S'EST ENFIN MARIÉ

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN
E-Mail :
brignan@gmail.com
Un article pour le magazine www.100pour100culture.com et consultable sur le lien : http://www.100pour100culture.com/archives/27/jetset/index.htm
 
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Repoussé à quelques reprises faute de temps et d’organisation parfaite, le mariage de d’ATSÉ Bedel dit Bedel Patassé, l’un des membres claironnés de la Jet Set du défunt Président Douk Saga a enfin eu lieu. Il s’est uni pour le meilleur et pour le pire à Mademoiselle Kristell Avognan. Cela se passait le samedi 30 mai 2009 à la Mairie de Sevran (93), leur ville de résidence située dans la banlieue nord de Paris en présence de parents, amis et une pléthore d’invités venus un peu de partout …d’Europe et d’Abidjan.

Déjà à 14H, l’esplanade de l’Hôtel de ville était bondée de monde qui ne voulait pas se laisser conter l’événement. Une demi-heure plus tard, la petite salle de mariage prévue pour la cérémonie refusait du monde à cause de son exigüité. Seulement, parents proches et les témoins des mariés ont pu y avoir accès. Après les cérémonies d’usage liées aux conditions de mariage, c’est donc par large sourire ponctué d’un triple OUI que Mademoiselle Kristell AVOGNAN a décidé de devenir Madame ATSÉ Bedel quittant tous les deux le cercle des célibataires pour la cour …très recherchée des mariés. Patassé, dans la joie, esquisse quelques pas de coupé-décalé pour "haranguer" l’assistance ; c’est le branle-bas dans la salle.
L’ordre revenu, à 15H20, le jeune couple avec le cortège des invités prennent la direction du Parc Lefèvre de Livry-Gargan, la ville d’à-côté, pour les séances photos. Ce n’est que vers 18H30 que Bedel Patassé et son épouse font leur entrée dans la salle de réception de l’Espace Chaptal d’Aulnay-sous-Bois, accueillis triomphalement par une haie d’hôtesses et d’hôtes magistralement habillés pour la circonstance. Encore c’est par des pas de coupé décalé, cette fois-ci sur le tempo « La Jet dja la foule » de son ami Bôrôsangui, que Bedel Patassé et son épouse font se lever parents, amis et invités de leurs chaises pour voir qui des deux (nouveaux mariés) dansent si bien ce genre de musique créé par Douk Saga et ses amis dans les boîtes de nuit parisiennes.
Les coupés-décalés absents, les zougloumen assurent le show
L’un des moments les plus remarqués et remarquables étaient l’absence très prononcés de certains amis de la Jet Set dont fait partie Bedel Patassé que sont Le Molare, Lino Versace, Bôrôsangui… . Seuls Papa Ministre, Kwagny le Riche Planteur et Chakoull étaient présents à la cérémonie. Si les deux premiers offraient leurs services dans le soutien logistique de la soirée, le dernier était le best man de son pote de tous les jours. C’est lui qui a servi de chauffeur aux mariés et c’est aussi lui qui a convié certains artistes zouglou au grand show du 30 mai 2009.
D’abord, vers 22H30, c’est SOUM Bill qui embouche le micro depuis l’entrée de la salle chantant les premières notes de « L’un pour l’autre ». Quand il est aperçu par les mariés et surtout par l’assistance, c’est le remue-ménage dans la salle. Trois quarts d’heure après, c’est le tour de Yodé et Siro de créer la surprise avec leurs chansons « Mariage » et « Chacun son choix ». Enfin pour boucler le show zougloutique, c’est Pat Sacko du groupe Espoir 2000 (sans Valérie, empêché) de faire se lever une fois encore les mariés et l’assistance par sa chanson « Je t’aime ». « C’était vraiment la surprise que je voulais réserver à mon épouse pour notre union et surtout pour ce grand moment de bonheur que nous partageons ensemble » a fini enfin par avouer Bedel Patassé aux parents, amis et invités.

C’est aux environs de 2H du matin que les mariés abandonnent leurs invités pour leur chambre d’hôtel laissant ceux-ci jusqu’aux alentours de 4H du matin devant les coupes de champagne, les verres de bière et de vin et surtout devant les plats exotiques de Yassa, de frites, d’abolo, d’alloco et de grillades…
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5/6/2009

3 QUESTONS À…JOCELYNE BEROAD (KASSAV) : "LE ZOUK N’EST TOUJOURS PAS RECONNU"

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN
E-Mail :
brignan@gmail.com
Un article pour le magazine www.100pour100culture.com et consultable sur le lien :   http://www.100pour100culture.com/archives/26/jocelyne/index.htm
 

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A quelques jours de la Nuit Créole, ce giga concert prévu le 16 mai prochain pour couronner leurs 30 ans de succès dans le grand stade de France à Paris, la diva du groupe Kassav, Jocelyne Beroad s’est confiée à 100%Culture où elle nous parle de ce énième concert et surtout de leur concept ZOUK qui a du mal à prendre son envol.

Le 16 mai prochain, le groupe Kassav fêtera ses 30 ans de succès. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a vraiment marqué durant toutes ces années et surtout vos premiers pas au sein de ce mythique groupe ?
Je crois que ce qui m’a le plus marqué quand je pense à Kassav dont je fais partie, c’est le fait qu’on ait vraiment réussi à être des adultes tolérants. Déjà dans Kassav, on retrouve des gens de la Martinique, de la Guadeloupe, il ya eu des gens du Cameroun, entre autres de l’Afrique noire quoi, d’Afrique du Nord aussi puisque notre tromboniste est Algérien d’origine. Des gens qui sont venus de différents horizons, du sud et du nord de la France, de la Belgique, … d’un peu partout. Ce sont aussi des gens de divers milieux, de cultures différentes, d’éducation différente et qui ont réussi à être ensemble autour d’une chose qui est la création et la défense d’une musique : le zouk.
Cela nous a aussi permis de nous repenser complètement, de ne pas chacun rester dans sa bulle et surveiller l’autre pour ce qu’il va faire ou ne pas faire, mais au contraire de travailler ensemble. Je crois que ce qui me frappe dans Kassav, c’est véritablement cette espèce d’exemple qu’on peut être à un moment où chacun essaie de tirer la couverture à lui et à considérer celui-là comme supérieur ou inférieur, venant des grandes puissances ou du tiers monde ; chez nous ça n’existe pas. Chez nous, ce sont des gens qui se sont mis ensemble, qui ont réussi à travailler ensemble et ça dure depuis des années.

30 ans de succès, combien de pays parcourus à travers le monde et surtout le secret de la musique zouk ?
Avec Kassav, nous avons fait à peu près 80 pays dans le monde. Mais, même si Kassav a eu du succès dans la Caraïbe, en Europe, en Afrique, en Amérique aussi puisqu’on a fait de grands concerts à New York et au Canada, je veux dire que le style zouk n’est toujours pas reconnu, le style zouk n’as pas encore sa case. Quand on regarde sur internet dans les styles musicaux par exemple, la musique zouk va être encore mise dans la World Music ou elle va être mise dans un gros bloc dans lequel on met tout ce qu’on ne sait pas comme genre musical. Il est vrai que le combat est un peu prétentieux et qu’on vient d’une petite île qui fait 80 Kms de long, 400 000 habitants dans chaque île. Je veux dire que c’est un peu mythomane que de vouloir prier, mais cette musique a un peu touché tout le monde, puisqu’elle a touché des grands musiciens comme Miles Devis, elle a touché des Japonais qui ont essayé de la refaire, elle a touché des tas de gens. On a joué dans des grandes salles de pays, on a même été en Russie pour faire 3 concerts et il y avait des gens qui ont réagi à cette musique. Moi je pense que cette musique-là a droit de cité, mais à laquelle on met encore des barrières. Vous voyez que le combat n’est pas encore terminé, elle nous maintient et nous, nous aimons cette musique que nous avons envie de défendre. Ça a toujours convenablement marché avec cette combinaison là, même avec deux personnes. Donc on laisse notre égo ..é si jamais on a des problèmes d’entente qui sont des choses complètement passagères comme ça se passe dans les familles. Kassav est devenu une véritable famille, des gens qui se regardent et qui savent pourquoi ils sont là et pourquoi ils sont ensemble.

A quoi doivent s’attendre vos nombreux fans pour ces 30 ans de succès au stade de France ?
Ils doivent s’attendre à des gros titres de kassav que je pense qu’ils connaissent tous. Déjà, dans le cadre de la nuit créole, il ne faut pas oublier cela qui est un concept du stade de France, il n’y aura pas que Kassav, même si c’est Kassav qui fête ses 30 ans de succès. Il y aura donc deux parties : un Capverdien et Admiral T, très côté chez les jeunes aux Antilles qui feront la première partie et ensuite Kassav qui viendra fêter ses 30 avec des invités en plus. On aura donc des gens qui viendront chanter avec nous nos chansons, mais également des gens qui viennent d’Afrique, d’Europe, de la Caraïbe, etc qui vont jouer et chanter durant cette soirée. Je ne peux pas tout vous dévoiler, j’invite donc tous les fans partout ils se trouvent de venir communier avec nous.

LES SALOPARDS : LE RETOUR EN GRACE

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN
E-Mail :
brignan@gmail.com
Un article pour le magazine www.100pour100culture.com et consultable sur le lien :  http://www.100pour100culture.com/archives/26/salopards/index.htm
 

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Ils sont au nombre de quatre (4) et ont marqué la deuxième génération de la musique Zouglou en Côte d’Ivoire et à au-delà des frontières du pays. Le groupe a choisi de s’appeler "Les Salopards" en référence au ton satirique de leurs textes mais aussi à l’image négative que se font les pouvoirs africains de tous ceux qui osent parler haut… Séparés depuis plusieurs années et en carrière solo pour certains Bloco, Soum Bill, Colin et Débingue sont de retour sur la scène pour le grand plaisir de tous les nostalgiques des années 90!

Tout a commencé pour ces jeunes gens en 1992 quand ils cherchaient encore leurs repères dans divers groupes déjà présents sur la scène musicale ivoirienne après le succès phénoménal de l’album "Gboglo Koffi" de Bilé Didier et des Parents du Campus en 1990. C’est ainsi que Bloco et Colin, ex-membres du groupe Esprit de Yop, d’une part, Soum Bill et Débingue transfuges des Garagistes, d’autre part, comme par la force des choses se retrouvent pour former le groupe Les Salopards: une façon pour eux de mettre l’art musical à leurs pieds par des textes incisifs et des messages percutants.

Des années durant, à la recherche d’un producteur assez courageux pour réaliser leur album dont les textes sont d’une efficacité et d’une netteté frappantes, ils font la rencontre de Touré Sound; celui-là même qui va donner le coup de pouce tant attendu. L’album intitulé «Bouche B» sort en 1995 et reçoit l’assentiment des mélomanes. Des titres comme «Regardez», «Bouche Bee», «Politique meurtrière» mettent le doigt là où ça fait mal. Ils dénoncent les tares de la société ivoirienne engendrées par les politiques. Tous les fossoyeurs de notre administration publique sont passés au peigne fin. Quant au fameux titre «Monsieur le Maire», une sorte de chronique de la cité qui met à l'index les maires d'Abidjan qui semblaient aveugles face aux ordures ménagères sous lesquelles croulait la ville dont ils ont la charge. Les mots sont justes et clairs. Résultat : plus de deux cent mille cassettes vendues. Un véritable record dans un pays où la copie illégale de cassettes et de CD se fait en toute impunité.

L’année suivante, le groupe qui a maintenant la côte au niveau national participe à la 1ère édition du Fespam (Festival panafricain de musique) au Congo Brazzaville. Ensuite, en 1997, au moment où toute une jeunesse étudiante conduite par Soro Guillaume (alors Secrétaire de la Fédération estudiantine et scolaire ..e d’Ivoire, FESCI et actuel Premier Ministre du pays, NDLR) est à la dérive, poursuivie et traquée par l’ex-parti unique, ils sortent leur deuxième l’album baptisé "Génération Sacrifiée". Ce disque qui a le mérite de rapprocher les étudiants, groupe social acculturé et élite en puissance et le petit peuple des sans espoir, marque la consécration du groupe. Certains allaient même à dire que les textes de la chanson ont été écrits par l’ex leader estudiantin tellement les paroles retraçaient les problèmes des étudiants vécus au quotidien. Aussi la pochette de l’album est-il révélateur et provocateur: les quatre Salopards sont faits prisonniers portant des écriteaux sur lesquels on pouvait lire: «Condamné pour la couleur de sa peau», «Condamné pour son honnêteté», «Condamné pour sa pauvreté» et «Condamné pour avoir dit la vérité». Le clip qui sous-tend la chanson est alors interdit de diffusion sur les chaines de télévision ivoirienne. Pour les «salauds de l’Art», c’était comme un passeport pour la scène internationale. Ils sont dès lors invités en Europe pour une série de spectacles. Entres deux avions, les Salopards réalisent leur 3ème production discographique "Pays perdu" en 1999. Le dernier, car le groupe se disloque pour des problèmes de gestion.

Dispersés entre la France et la Côte d’Ivoire, chacun des membres de ce groupe avait tenté de mener son avenir comme il le sentait. Les deux leads vocaux que sont Soum Bill et Bloco font cavalier seul. Le premier réalise 3 albums : "Zambakro", "Terre des Hommes" et "Que la lumière soit". Le second, même s..il s..est lancé dans les affaires à un certain moment, a également tenté une carrière solo qui s..est soldée par deux albums dont un single. Kradjé Charles Marc alias (Bloco) s’engage également dans la vie associative où il participe à la création du Mouvement des Artistes ivoiriens Résidant en Europe (Modaire) et préside la Fédération des Associations des Artistes ivoiriens de France (Faaif). Quant aux deux autres qui jouaient les chœurs et présentaient la chorégraphie du groupe, après des petits boulots ça et là, Débingue (Kouassi Débin Raphaël) est à ce jour, gérant d..une entreprise. Il en est de même pour Kouassi Boa Pierre (Colin) qui, en plus d..une entreprise de sécurité, s..est spécialisé dans le transport des colis.
Aujourd’hui, ces quatre messieurs, après avoir laissé le temps faire les choses ont décidé de se remettre ensemble pour le bonheur des mélomanes et des zouglouphiles en particulier. C’est donc par 3 concerts (le 23 mai, au Cabaret Sauvage de Paris, près du Zénith, le 30 mai, au Palais des Congrès de Nantes et les 13 Juin à l..Espace Julien de Marseille en France) que Les Salopards marqueront leur retour sur la scène musicale après 10 ans de séparation. Ces séries de concerts sont pilotés par Jeety’s Prod, une jeune et dynamique structure de production de spectacles dirigée par Lebri Jeety BRIDJI dont l’objectif premier est de sortir les artistes ivoiriens de l’amateurisme en devenant leur interlocuteur privilégié auprès des différentes institutions. 

3/10/2009

DJIMON HOUNSOU, ITINÉRAIRE D’UN BÉNINOIS À HOLLYWOOD

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN
E-Mail :
brignan@gmail.com
Un article pour le magazine www.100pour100culture.com et consultable sur le lien : http://www.100pour100culture.com/archives/24/djimon/index.htm
 
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Né un 24 avril de l’année 64 à Cotonou, la capitale de l’ancienne République du Dahomey (Bénin actuel), Djimon Hounsou va vite quitter le cocon de cette partie de l’Afrique pour se rendre à Lyon, en France chez ses frères. Il n’a que 13 ans en ce moment lorsqu’il débarque en pleine ère giscardienne, celle du scandale des diamants... de Bokassa. En mai 1987, l'enfant prévu pour faire des études lâche tout pour aller « se chercher » dans la capitale française. Une fois là-bas, la vie n’est pas comme il le pensait : grand, beau, mais à la rue. Vagabond errant dans la ville lumière, il vivait sous les ponts, fouillait les poubelles. Un matin, alors qu’il prenait sa douche dans la fontaine en face du centre Beaubourg, il est repéré par une personne travaillant pour Thierry Mugler. Tout de suite, son physique harmonieux, sa beauté plastique et son teint d’ébène lui sauteront aux yeux. C'est ainsi que le styliste et designer Thierry Mugler va le sortir des égouts pour le faire marcher sur les podiums à Paris et Londres.
Mannequin pour cette prestigieuse marque, Djimon posera pour un album de couturier qui le mènera jusqu’à Los Angeles, en 1990. Une fois là-bas, il tourne dans trois vidéos réalisées par David Fincher : Roll With It, Express Yourself et Straight Up, avec les participations respectives de Steve Winwood, Madonna et Paula Abdul. Il pose également pour le livre de photos d'Herbert Ritts Men and women et participe à la vidéo de Janet Jackson, Love Will Never Do Without You.

Ses rêves grandissant, l’enfant de Cotonou ambitionne de devenir acteur de cinéma. Il côtoie certains acteurs et réalisateurs dans le quartier d’Hollywood où il interprète de petits rôles. En 1997, à force de persévérance, il obtient son premier grand rôle dans le film Amistad, de Steven Spielberg, dans lequel il joue Cinqué, un Africain capturé au XIXe siècle par des négriers et qui s’est révolté. Ce qui le révèle au grand public.
Par son physique imposant et ses origines africaines, les réalisateurs font de lui l'acteur parfait pour « les rôles de "costaud" ou d'indigène plus bon et intelligent que ne le font croire les autres ». Ainsi, il fait plusieurs apparitions remarquées dans des super productions, dont Gladiator de Ridley Scott, en 2000, avec des rôles de détective dans Le Boulet en 2002, de soldat soudanais dans Frères du désert, de motard dans Biker boyz en 2003 et de chef tribal dans Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie. En 2004, le réalisateur Jim Sheridan lui permet toutefois de varier son jeu d'acteur en lui permettant d’incarner un mystérieux artiste peintre, voisin d'une famille irlandaise fraîchement débarquée à New York, dans In America qui lui valut sa première nomination aux Oscars.

En 2006, c’est la consécration totale. Il est nominé une seconde fois dans la catégorie Meilleur second rôle aux côté de Leonardo DiCaprio, pour sa prestation dans Blood Diamond. Un film engagé d'Edward Zwick qui dépeint la violence dans laquelle l’exploitation et le commerce des diamants ont plongé le Sierra Leone. Le tournage de ce film en Afrique a marqué Djimon Hounsou. Il se confiait aux journalistes lors de la réception de son prix en ces termes : « Je suis le premier Africain nominé aux Oscars, donc j’espère que ça m’aidera à faire de belles histoires. J’’ai maintenant une compagnie de production, Belly Serpent Productions, qui développe des projets et je suis prêt à m’investir en Afrique ».
En cette année 2009, l’acteur africain d’Hollywood interprète le rôle de l’Agent Henry Carver aux côtés Dakota Fanning, Camilla Belle, Chris Evans, un film sorti sur les écran en France au mois de février. La rumeur du moment raconte qu'il pourrait tenir le rôle principal dans le film God of War déjà adapté en jeux vidéo.
A 45 piges, L'acteur béninois Djimon Hounsou attend son premier enfant avec sa compagne Kimora Lee Simmons, divorcée en 2008 de son premier mariage avec le magnat du Hip Hop Russell Simmons, avec qui elle a eu deux filles Ming Lee (8 ans) et Aoki Lee (6 ans).

Filmographie (Entre parenthèses, le nom du personnage qu'il interprète.)
Cinéma
1994 : Stargate, la porte des étoiles, de Roland Emmerich (Horus)
1997 : Amistad, de Steven Spielberg (Cinqué)
1999 : Gladiator, de Ridley Scott (Juba)
1998 : Un cri dans l'océan, de Stephen Sommers (Vivo)
2001 : Le Boulet, d’Alain Berbérian (l'inspecteur Youssouf)
2001 : Frères du désert, de Shekhar Kapur (Abou Fatma)
2002 : La Porte du non retour, de Jean Odoutan (Nuhuru)
2002 : Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie, de Jan de Bont (Kosa)
2002 : Blueberry, l'expérience secrète, de Jan Kounen (Woodhead)
2003 : Biker boyz, de Reggie Rock Bythewood (Motherland)
2003 : In America, de Jim Sheridan (Mateo)
2004 : Constantine, de Francis Lawrence (Papa Midnite)
2005 : The Island, de Michael Bay (Laurent)
2005 : Beauty Shop, de Bille Woodruff (Joe)
2006 : Eragon, de Stefen Fangmeier (Ajihad)
2006 : Blood Diamond, de Edward Zwick (Solomon)
2008 : Never Back Down, de Jeff Wadlow (Jean Roqua)
2009 : Push , de Paul McGuigan (Agent Henry Carver)
Télévision
Beverly Hills 90210
1998 : Urgences - Saison 5, dans les épisodes : 13, 14, 15, 17, 18, 19 (Mobalage Ekabo)
2003 : Alias - Saison 3, dans les épisodes : 5, 17, 18 (Kazari Bomani)
Récompenses
Pour son rôle dans Blood Diamond, d’Edward Zwick
Nominations
Meilleur second rôle aux Oscars 2007
Meilleur second rôle aux Black Reel Awards 2007
Meilleur second rôle aux BFCA Award 2007
Meilleur second rôle aux Image Award 2007
Meilleur second rôle aux Screen Actors Guild Awards 2007
Victoires
Meilleur second rôle aux Sierra Award 2007
Meilleur second rôle aux NBR Award 2007
Meilleur second rôle aux WAFCA Award 2007
2/5/2009

ALAIN MABANCKOU FAIT SON BAZAR

 
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Après l’élection de Barack Obama, il s’apprête à « foutre le bazar » dans la communauté noire en France avec son nouveau roman « Black Bazar » ! Personnage tour à tour poète, romancier, essayiste et professeur de littérature dans la prestigieuse Université de Californie, Los Angeles (UCLA), l’écrivain congolais Alain Mabanckou, de sa plume fougueuse et alerte, a su séduire pour finalement s’imposer – non sans talent – dans un monde littéraire constamment évolutif. Lauréat de plusieurs prix littéraires dont le Prix Renaudot obtenu en 2006 avec son roman « Mémoires de Porc-épic », il s’apprête à sortir son dernier roman « Black Bazar » prévu en ce début d’année 2009. De passage à Paris pour les préparatifs de la sortie de ce livre, l’auteur de "Verre Cassé" a accordé une longue interview à 100%CULTURE dans laquelle il évoque les comportements des Noirs à Paris et revisite les préjugés ou les questions que ceux-ci se posent sur la « communauté black » en France en général : ce n’est qu’un aperçu de "Black bazar", son dernier roman qui sort aux Editions du Seuil.
Qu’est-ce qui explique votre séjour ici à Paris ?
Je suis en train de préparer la sortie de mon nouveau roman aux Editions du seuil ; roman qui s’intitule "Black bazar" et qui est un peu le prolongement de "Verre Cassé". Cela prend alors quelques turbulences dans les rendez-vous, les va-et-vient à gauche à droite. La préparation des livres est toujours un moment intense, mais aussi très excitant !
Donc l’histoire de "Verre Cassé" continue toujours après celle de "Mémoires d’un porc-épic"
Je crois que c’est un univers que j’essaie de construire. Vous savez, quand un écrivain fait un livre, il essaie toujours de gratter à travers ce qu’il avait déjà rédigé et construit pour trouver la voie juste, les mots justes et l’univers juste ; et peut-être que "Black bazar" va venir comme le complément à "Verre Cassé" ou à "Mémoires de porc-épic" dans la mesure où je reste toujours du côté de la marginalité des personnages et de la réalité, du côté où la fiction nous donne quelque chose d’étonnant dans le sens où moi j’aime bien partir de la réalité pour fonder la fiction et non de la fiction pour fonder la réalité.
Pour mettre de l’eau à la bouche de vos fans, pouvez-vous brosser un peu de ce qu’on pourrait lire dans "Black bazar" ?
"Black bazar", à la différence de "Mémoires de porc-épic" ou de "Verre Cassé", c’est déjà un livre qui se passe en France dans les quartiers populaires de Paris tel le 18ème et 1er arrondissement. La différence avec "Verre Cassé", c’est que dans "Black Bazar" nous assistons à une espèce d’histoire d’amour qui naît entre le narrateur et une copine congolaise et qui vole en éclat par la suite. L’éclatement de cet amour fait que le narrateur se découvre une passion pour l’écriture et commence à écrire un livre qui s’intitule "Black bazar" et dans ce livre, il observe la communauté noire vivre, se confondre - si on peut le dire ainsi - avec la communauté blanche. Peut-être à travers ce livre, il essaie de revisiter les préjugés ou les questions que nous avons du colonialisme, du communautarisme… Et beaucoup de ces questions qui minent aujourd’hui le monde noir sont traitées à l’intérieur de "Black bazar".
À vous entendre, c’est la foultitude des Noirs dans le 18e et leur attroupement dans le 1er arrondissement du côté des Halles qui représente ce « black bazar » ?
Le bazar en lui-même est constitué dans l’originalité de la vie des personnages et ces personnages nous ressemblent car ils fréquentent les lieux que nous fréquentons : je veux dire le Jip's, les boîtes de nuit, l’Alizée, le Cœur samba dans le 16e ou le 8e arrondissement, etc. Donc ce sont des personnages qui suivent l’itinéraire du monde noir à Paris et puis aussi la contemplation de Château Rouge, de Château d’eau. Je pense que nous avions besoin en quelque sorte de regarder à nouveau la condition de l’immigré aujourd’hui ici en France. Peut-être aussi que j’ai essayé de régler une question fondamentale qui existe et que nous ne réglons jamais : c’est quel type de rapport que nous avons, Nous les Africains avec les Antillais ? Comment nous regardons les Antillais et comment les Antillais nous regardent ? Il y a une espèce de non-dit et une espèce de racisme qui existent parfois entre ces deux communautés et qu’on n’a jamais souvent rappelé. Vous verrez des Antillais qui vont reprocher aux Africains de les avoir vendus avec la complicité des Chefs de leurs tribus et vous verrez des Africains qui vont dire que les Antillais essaient de devenir comme des Blancs et traitent les Africains comme des barbares. Et ce type de rapport de conflit et de racisme fait de sorte que nous assistons parfois à une haine qui est même plus forte que celle que voue un racisme blanc à un Noir.
Ne pensez-vous pas, avec votre livre, remuer le couteau dans la plaie comme on le dit souvent ?
Oui, c’est vrai, mais si on ne résout jamais ce problème, on ne va pas avancer et je sais que "Black bazar" pourrait être un livre qui peut soulever les polémiques. Je le ressens déjà par rapport aux premiers échos de la presse française. Mais si on ne parle pas de ces questions, on risque de confondre ce qui se passe aux Etats-Unis avec ce qui se passe en France. Les Noirs de France ne sont pas identiques aux Noirs des Etats-Unis. Les Noirs des Etats-Unis sont arrivés par le même chemin, par le même bateau, par la même histoire. Ils ont subi l’esclavage et ils sont arrivés dans ce qu’on peut appeler « une terre de peuplement » qui est aujourd’hui les Etats-Unis. Ce qui revient à dire que lorsqu’ils subissent une injustice, c’est une injustice qui concerne l’ensemble de la population noire-américaine. Or les Noirs de France ont des parcours hétéroclites et différents. Il y a des Noirs qui sont arrivés en France pour faire des études et qui sont restés ; il y a des Noirs qui sont venus en France pour l’exil politique ; il y en a qui sont venus pour chercher l’exil économique ; il y en a qui sont venus par le mouvement de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes, ndlr) pour retourner directement au pays, donc les identités sont différentes. La conséquence : c’est que, lorsqu’il y a une injustice qui touche une partie de la population, elle ne touche pas forcément l’ensemble de la population. Ainsi, quand on fait une manifestation pour les sans-papiers, les étudiants qui sont en situation régulière trouvent que ce n’est pas leurs problèmes et lorsqu’on chasse un exilé politique, celui qui est installé ici trouve que ce n’est pas son problème. Ce qui peut mobiliser une communauté et la former dans son unité, c’est lorsque nous subissons une injustice qui concerne notre couleur de peau. Et même dans ces conditions, j’ai trouvé que les Noirs de France ne sont pas solidaires, tout simplement aussi parce qu’à l’intérieur des Noirs de France, il y a des différences. A la différence des Américains, parmi les Noirs de France, vous avez des Antillais, vous avez les Africains, et à l’intérieur des Africains, vous avez les Africains de l’Ouest, du Sud, du Centre, du Nord. Un Africain de l’Ouest et un Africain du Centre, c’est deux cultures totalement différentes. Il y en a même qui sont chrétiens, d’autres sont musulmans ; ces différentes religieuses sont fondamentales, car on traite certains d’impie. Il y a donc une espèce de non-dit. Le rôle de l’écrivain c’est d’aller regarder à travers toutes ces distinctions et de faire de sorte que, même si ça fait mal à la communauté, mais au moins la question est posée pour que nous puissions trouver quelle voie suivre pour créer un jour ce qu’il est convenu d’appeler ici une communauté noire.
Donc pour vous, un OBAMA en France, ce n’est pas pour demain ?
Dans l’interview que je donne plutôt au Nouvel Observateur, je dis que c’est possible qu’il y ait un OBAMA noir en France. Il ne faut jamais dire jamais, car on disait cela de l’Amérique. Il y aurait un président noir en France parce qu’un président de la République , c’est d’abord quelque chose qui relève d’un parcours individuel. OBAMA n’est pas sorti par une volonté de la race ; c’est quelqu’un qui a compris dans quel sens il devait mener son propre parcours. Il a fait de grandes études et il s’est positionné pour avoir en quelque sorte la démarche politique qu’il fallait. Maintenant, un individu qui arrive à se détacher, cela ne veut pas dire que tous les Noirs-américains vont devenir président ! En France, c’est la même chose. Si vous avez quelqu’un qui a un parcours exceptionnel, qui ne croit pas que tout est impossible sur la terre, alors celui-là, il arrivera un jour. OBAMA est quelqu’un de détail, car il n’a pas la physionomie du Noir-américain type. C’est un Africain en quelque sorte, c’est-à-dire son père est Kényan et sa mère est Blanche or les Afro-américains sont des descendants d’esclaves. Donc, ils sont venus là et n’ont pas d’attache directe avec l’Afrique. L’Afrique des Noirs-américain est une Afrique mythique, une Afrique rêvée, tandis que l’Afrique d’OBAMA est visuelle, car on peut retrouver sa grand-mère. Donnez-moi un exemple où on un Noir-américain va aller retrouver sa grand-mère dans un village, il y en a pas ! OBAMA est seul le Noir-américain qui peut dire que ma grand-mère habite dans tel village, mon oncle est là, pour les autres ça n’existe pas.
À quand donc la sortie de ce livre ?
Probablement en janvier, mais pour une fuite, je tiens à vous dire que le magazine hebdomadaire "Jeune Afrique" a acheté quelques extraits plus une chronique du livre qui paraîtront dans leur numéro du 4 janvier 2009.
Comment expliquez-vous qu’après des études de droit, vous vous retrouvez à la littérature que vous enseignez à l’Université de Californie-Los Angeles, UCLA ?
Je pense que l’avantage du Droit est que ça mène à toutes les disciplines et d’ailleurs beaucoup de juristes ont été des écrivains : Victor Hugo a fait une licence en Droit, Alfred de Villiers, Balzac ont fait du Droit, et parfois même très éloignés du Droit, Louis-Ferdinand Céline a fait Médecine, Emmanuel Dongala a fait de la Chimie et donc je pense que la Littérature n’a pas de discipline donnée. On peut aimer la littérature et être économiste, physicien, botaniste comme Jean-Jacques Rousseau. J’ai toujours porté la littérature en moi et d’ailleurs, j’ai fait un Bac en Lettres et Philosophie puis des études de Droit, mais j’ai toujours écrit et c’est ce qui m’a amené aux Etats-Unis.
Qu’est-ce qui vous a réellement amené à l’écriture et surtout quel auteur qui vous a marqué au point d’écrire autant ?
Je pense qu’on a tous subi l’influence de la littérature française, mais personnellement celui qui m’a le plus marqué, c’est l’écrivain latino-américain Gabriel García Márquez. Lorsque j’avais lu « Cent ans de solitude », j’étais étonné de voir quelle norme un être humain puisse avoir du génie pour faire rêver les hommes en ce sens. Et puis, il y a eu Louis-Ferdinand Céline avec son écriture. Bref ! Ce sont donc ces grands écrivains du monde vers lesquels je me suis tourné et qui m’ont donné la possibilité de grandir littérairement et d’envisager un jour l’écriture. Puis, avec la littérature africaine, j’étais émerveillé par « L’enfant noir » de Camara Laye, bien évidemment les contes et légendes écrits par Bernard Dadié et Birago Diop.
Quand on lit Alain Mabanckou, on sent un style académique assez percutant, à la différence de Camara Laye et autres auteurs africains. Est-ce à dire qu’on peut aujourd’hui parler de véritable littérature africaine ?
C’est délicat de parler de Littérature africaine comme on sait que l’Afrique, c’est plus de cinquante et quelques pays et dans ces pays il faut diviser par régions et vous allez voir que les écritures sont aussi différentes. Dans la littérature africaine, on a celle du Maghreb, celle du sud du Sahara, etc., aussi on oublie que la littérature est une question de tempérament et de parcours de chaque écrivain. Nous n’avons pas tous été influencés par les mêmes écrivains ; ce qui fait que je trouve même intéressant que l’Afrique ait des écrivains qui ont des sensibilités différentes, c’est-à-dire les problèmes que vivaient les Camara Laye, Birago Diop, Cheikh Amidou Kane ne sont plus les mêmes problèmes que vivent aujourd’hui les écrivains de la jeune génération, d’où cette espèce d’éclatement de la littérature africaine. Je dirais même qu’au lieu de dire littérature africaine, on dirait plutôt « les Littératures africaines » pour donner la richesse et les variétés de nos créations. Moi je me sens même plutôt proche des écrivains de l’Amérique latine que des écrivains français qui, eux, font beaucoup de l’auto-fiction en parlant de leurs problèmes parisiens qui ne me concernent pratiquement pas. Quand j’écris « Mémoires de porc-épic », je pense aux légendes africaines avec le double en quelque sorte. Quand je repars dans « Verre cassé » avec l’histoire des bars, le roman commence au Cameroun et c’est ancré. Quand je reviens dans « Black bazar », dans la communauté noire, je choisis une autre dimension pour traiter la dimension africaine. Pour moi, le nègre qui cherche simplement à se laver la couleur de la peau risquera de faire plutôt rire les Blancs quand il s’agira de manger à table.
Parlant de littérature africaine, comment expliquez-vous qu’une institution culturelle comme la Francophonie créée par des Africains que sont Senghor, Bourguiba, Diori se politise et devient une affaire des Occidentaux, bien vrai que c’est un Africain qui la dirige ?
Je pense que la Francophonie nécessite quelques remaniements dans ce sens. Toute la question, c’est la politisation de cette institution qui peut devenir de temps à autre le théâtre des enjeux politiques. Mais je reconnais à cette institution la force de faire avancer les choses et de permettre à certaines manifestations culturelles d’avoir lieu. Nous, ce que nous souhaitons, c’est qu’elle soit plus proche des problèmes des pays francophones, qu’elle promeuve la culture, qu’elle pousse la création et surtout qu’elle aide à préserver les langues africaines ; parce que si « Francophonie » consiste à dire qu’il faut « gommer » les langues africaines pour le règne de la langue française, alors là, c’est la mort de la culture des pays francophones.
Dans "Verre Cassé", les histoires de vos personnages que sont L’Imprimeur, Robinette, le Type aux Pampers sont des histoires vécues personnellement ou par des personnes de votre entourage ?
C’est de la fiction en général et c’est cela mon côté latino-américain où j’aime l’exagération et la caricature. Dans mes livres, j’aime m’amuser quand j’écris et je ne conçois pas d’écrire un livre sombre ; même quand je le fais, le rire est nécessaire pour faire passer la pilule. Ce sont donc des personnages irréels et je me suis rendu compte qu’au fur et à mesure ils existent quelque part, qu’ils ont une réalité que nous voyons dans notre esprit ; ce qui fait que le roman est très proche de la réalité.
Dans ce même roman, vous vous attaquez un tout petit peu à nos chefs d’Etat africains en quête d’honneur avec des phrases ou citations qui marquent l’histoire.
(Rires) C’est cela aussi la caricature de nos institutions et souvent les gens disent : « vous ne critiquez pas vos pays, il faut critiquer les institutions ». Là, je l’ai fait de manière ironique. Beaucoup de gouvernements en Afrique sont souvent constitués juste par clans ou par familles et il est temps que nous puissions avoir des gouvernements démocratiques et en l’occurrence, dans « Verre Cassé », il y a des moments où je critique de temps en temps les choses et dans « Black bazar », c’est encore même plus marqué puisque je regarde l’histoire du Congo-Brazzaville, du Congo Démocratique. En un mot c’est le paysage africain en tant que tel.
Et l’histoire de Kibandi qui a pour double un porc-épic dans "Mémoires d’un porc-épic" est-elle inspirée de quoi et à quoi répond-t-elle exactement ?
L’histoire du double est inspirée de la mythologie qui est la nôtre et qu’on retrouve d’ailleurs dans la plupart des contes et légendes d’Afrique. Les croyances que nous avons lorsque nous mourons existent toujours et quand nous naissons, nous naissons avec un double-animal qui va nous protéger ou avec qui nous allons commettre les péchés les plus véniels de l’existence. Dans ce roman, j’ai cherché à remettre en selle les espèces de conceptions que nous avions à l’époque et qui peut-être fondent même l’imaginaire de l’enfant noir africain. C’est donc un hommage que je rends à la tradition orale.
Dans « Lettre à Jimmy », votre avant dernier ouvrage publié chez Fayard en 2007, de quoi parle-t-il exactement ?
« Lettre à Jimmy », c’est un essai qui traite de l’histoire de James Baldwin, un écrivain noir-américain qui défendait les droits civiques aux Etats-Unis et qui est mort en France. C’est en quelque sorte un hommage que je rends à cet écrivain en lui adressant une longue lettre.
Vous qui voyagez beaucoup et qui connaissez un tant soit peu l’histoire de l’Afrique, que faut-il à ce continent pour sortir des idées rétrogrades que sont les coups d’Etat et les guerres civiles ?
Ce qu’il faut, c’est de demander la tolérance à ces chefs d’Etat qui nous gouvernent, car nous sommes dans une ère où la lucidité doit l’emporter sur les élans de dictature. Au moment où la plus grande puissance du monde est dirigée par un Noir, il est temps que les Noirs qui dirigent en Afrique comprennent que les dictatures qu’ils installent font plutôt honte à la race noire que du plaisir à tout le monde. Il est de leur devoir de changer de mentalité et de comprendre que c’est le peuple qui a le pouvoir et non le président de la république, et que c’est le peuple qui doit décider des présidents et non eux qui doivent décider à leur guise ce qu’ils doivent faire. Je pense que la pédagogie finira par l’emporter et que nous aurons les présidents qu’il faut pour les Africains.
Vos vœux pour la nouvelle année 2009
Que l’Afrique soit le continent que nous aimons toujours et que l’arrivée de Barack Obama au pouvoir puisse donner l’exemple à nos dirigeants plus de tolérance, de savoir que l’Afrique est capable d’exporter des individus à l’extérieur. Enfin oublions toutes ces querelles intestines et faisons de l’Afrique le continent le plus digne pour un lendemain meilleur. Que 2009 soit l’année charnière pour aller de l’avant !

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 
E-Mail : brignan@gmail.com
Coll. Zacharie ACAFOU
Un article pour le magazine www.100pour100culture.com et consultable sur le lien :  http://www.100pour100culture.com/archives/23/mabanckou/index.htm

1/4/2009

RETRO : LES ÉVÉNEMENTS DU MONDE NOIR QUI ONT MARQUÉ L’ANNÉE 2008

 

Une année arrive et s’en va avec son cortège de bonheur et de malheur. Pour celle qui vient de s’écouler, nous avons recensé certains événements du monde noir qui l’ont marqué aussi bien en joie qu’en tristesse. Rétrospective sur une année dite OBAMA.

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10 février : Angélique Kidjo décroche son premier Grammy
Après plusieurs nominations à chaque sortie de ses albums, Angélique Kidjo a enfin remporté son premier Grammy, la plus prestigieuse distinction honorifique dans le monde en matière musicale, dans la catégorie du meilleur album de musique du monde contemporain à la 50ème cérémonie annuelle des prix Grammy avec son opus 'Djin Djin'. Cela se passait le 10 février dernier au Staples Center de Los Angeles, aux Etats-Unis

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14 février : Corine Hazoumé, Nouvelle Ambassadrice culturelle et humanitaire
« Notre combat pour une meilleure image de l’Afrique, de sa dignité, de la reconnaissance de ses valeurs culturelles, de ses talents et les actions d’envergure que nous avons posées depuis dix ans sur les scènes internationales en proposant un projet fédérateur entre L’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’orient ont convaincu plusieurs opérateurs internationaux de haut niveau qui m’ont porté au devant de la scène pour que je représente le nectar de la culture africaine et des civilisations ». C’est en ces termes que s’exprimait la céramiste Corine Hazoumé à la suite de sa nomination comme nouvelle Ambassadrice culturelle et humanitaire par l’Ambassade Culturelle et Humanitaire à Paris, en France.

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21 février : « L’Afrique répond à Sarko » à la suite de son discours de Dakar
« Le 26 juillet 2007 à Dakar, lors de sa première visite en Afrique subsaharienne, Nicolas Sarkozy a profondément blessé les Africains par un discours qui se voulait pourtant amical. Son adresse 'fraternelle' à la jeunesse du continent, supposée fonder la nouvelle politique africaine de la France, n'a en effet trompé personne ». C’est juste le résumé du volumineux ouvrage de 478 pages réalisé sous la direction de Makhily Gassama, ancien ministre de la Culture du Sénégal. Ce livre édité par Philippe Rey réunit 24 signatures prestigieuses parmi lesquelles Boubacar Boris Diop, Souleymane Bachir Diagne, Djibril Tamsir Niane ou encore Théophile Obenga.

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17 avril : Aimé Césaire, le chantre de la négritude fait son éternel retour au 'pays natal'
Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, figure tutélaire de la politique martiniquaise s'est éteint à l'aube de sa 95è année le 17 avril à Fort-de-France en Martinique laissant derrière lui 50 ans de poésie et de combat politique. Ce poète tour à tour essayiste, dramaturge, poète et homme politique n'a eu de cesse durant toute sa vie de porter haut le flambeau de la négritude, un mouvement symbolisant la grandeur de l'histoire et de la civilisation noire face au monde occidental qui les avait jusque là dévalorisées.

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12 mai : Sortie du livre autobiographique 'C’était pas gagné' de Didier Drogba
A quelques jours de la finale de la Champion’s League, l’international ivoirien du football qui évolue au club anglais de Chelsea publie, en collaboration de Hervé Penot du journal L'Equipe, son premier livre autobiographique de 238 pages aux Editions Prolongations. Ce livre retrace la vie du footballeur en 29 chapitres, parlant de son parcours depuis la Côte d'Ivoire jusqu’à l'Angleterre en passant par la France. Le titre 'C'était Pas Gagné...' a eu raison de lui quand on sait que Chelsea a perdu cette finale face à Manchester United à Moscou dans le fief même de son richissime président Roman Abrahamovic.

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18 juillet : Nelson Mandela souffle ses 90 bougies
Nelson Mandela, icône de la liberté et du pardon, Le héros de la lutte contre le racisme a fêté ses 90 ans en famille dans le village rural de Qunu (dans le Sud-Est de l’Afrique du Sud) où il a passé son enfance. Il a reçu des messages d’anonymes et de personnalités du monde entier qui ont tenu à lui témoigner leur admiration. Les plus patents sont ceux de l’ancien président des Etats-Unis Bill Clinton qui a loué « la puissance de son exemple » et son ex-rival et dernier président de l’apartheid, Fréderic de Klerk, qui a salué « l’un des plus grand hommes du 20e siècle ».

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16 août : Le Jamaïcain Usain Bolt devient l'homme le plus rapide du monde
Aux Jeux olympiques de Pékin (Chine), Usain Bolt est devenu le premier athlète masculin à gagner ces trois épreuves aux cours d’une même édition de JO depuis Carl Lewis en 1984, et le premier coureur de l'histoire à établir les records du monde dans ces trois disciplines aux mêmes Jeux. Son nom et ses performances [100 m en 9 s 69 (RM), 200 m en 19 s 30 (RM) et 4 × 100 m en 37 s 10 (RM)] en sprint lui ont valu le surnom de « Lightning Bolt » (« L'éclair ») ou l’homme-fusée pour certains.

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23 septembre : 'Mon Afrique' de Mokobé, album de l’année 2008
Nominé dans la même catégorie avec « L’Africain » de Tiken Jah Fakoly, « High Tunes » de High Tunes, et « Bona makes you sweat » de Richard Bona, « Mon Afrique » de Mokobé a été déclaré Meilleur Album de l’année 2008 à la troisième édition des Trophées des Arts afro-caribéens parrainés par le champion de Taekwondo Pascal Gentil, la cinéaste Yamina Benguigui, et la comédienne Firmine Richard. Sorti en juin 2007 en France chez Sony Music BMG, 'Mon Afrique' est un album plein de couleurs qui a sollicité les featurings d’artistes africains et des stars du Hip hop de renom tels que Youssou Ndour, Salif Keita, Big Daddy Kane, Amadou et Mariam, et aussi Diam’s, Sira, DJ Lewis, Sekouba Bambino, Diabaté, Seun Kuti, Booba, Patson (Jamel Comedy Club), Fally Ipupa, Tiken Jah Fakoly, Viviane Ndour, Gohou (les guignols d’Abidjan), Fou Malade, Popa et Manu.

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9 octobre : 100%CULTURE, Oscar de la meilleure agence de presse africaine de la Scandinavie.
En seulement 1 an de parution, votre magazine culturel franco-suedophone 100%CULTURE dont le siège est basé en Suède est monté sur la haute marche. Firmin KOTO, le rédacteur en chef, en marge du Yom Kippour, jour du grand pardon juif, recevait au sein de l’Ambassade Culturelle et Humanitaire à Paris, l’Oscar 2008 de la meilleure agence de presse africaine pour le travail acharné qu’elle a accompli à partir de la Scandinavie  pour l’édification de la culture africaine.

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4 novembre : Barack Obama, Premier Noir à la Maison Blanche
Le changement tant rêvé par Martin Luther King est enfin arrivé aux Etats-Unis. Et ce, grâce à un homme jeune, svelte, doté d’un puissant charisme né à Hawaï de l'union d'un Kenyan et d'une Américaine blanche. À 47 ans, Barack Obama, sénateur démocrate de l'Illinois, est devenu le premier Noir élu à la Maison Blanche, rompant avec un passé pas si lointain de discrimination raciale. Il prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, en tant que successeur de George W. Bush et 44e président des Etats-Unis. L’année 2008 a été à l’unanimité déclarée par les observateurs du monde entier « Année OBAMA » vu son élection historique à la Maison Blanche qui, depuis sa création était « réservée » aux Blancs d’Amérique.

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9 novembre : Miriam Makéba, Une voix de l’Afrique s’est éteinte
La chanteuse sud-africaine, auteur de succès planétaire «Pata Pata» et figure de la lutte contre l'apartheid, est décédée d'une crise cardiaque à l'âge de 76 ans alors qu’elle donnait un concert en soutien à Roberto Saviano, l'auteur du film Gomorra, menacé de mort par la Mafia, à Naples. La chanteuse était montée sur scène en dernier, et attendait le rappel du public, lorsqu'elle a été découverte gisant sur le sol, évanouie. Transportée à l'hôpital, «Mama Africa» s'est éteinte à la clinique Pineta Grande de Castel Volturno, en Italie.

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10 novembre : Le Prix Renaudot décerné à Tierno Monemembo
Le Prix Renaudot 2008 a été attribué au Guinéen Tierno Monénembo pour son roman Le Roi de Kahel, un chef-d’œuvre qui dresse la biographie romancée et foisonnante d'Aimé Victor de Sanderval, un aventurier et explorateur français au début des années 1880. Tierno Monénembo est un auteur bien connu des amateurs de littérature francophone. « Le Roi de Kahel » publié aux Editions du Seuil est son dixième roman.

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com


Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/22/retro/index.htm

10/9/2008

MALENA : DU ZOUK DEPUIS LA CANEBIERE

 

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Elle est peu connue, mais sa voix retentit très souvent dans les discothèques, sur la bande FM ou encore les web-radios. Elle, c’est Maléna, une nouvelle voix du zouk qui fait désormais parler d’elle. Née à Marseille de parents martiniquais, Maléna contracte le virus de la chanson par l’intermédiaire de Fanie, sa grand-mère aveugle, à qui elle a dédie un titre en 2005.
Auteure d’un album en 2005 et de plusieurs chansons éparpillées un peu partout dans les albums de compilation zouk, la nouvelle voix du zouk revient avec une nouvelle ballade musicale « Via West Indies » extraite des compilations Zouk soca dancehall ou Love story vol. 2. Cette chanson qui rend hommage aux West Indies donne un avant goût de sa personnalité : ensoleillée, nostalgique et magique.
Rencontrée sur son site perso www.myspace.com/fandemalena , cette jeune pousse de la chanson antillaise évoque ci-dessous les souvenirs de ses chansons et les contextes dans lesquels elles ont été composées.

'Si jeune', duo avec Patrick MATAU :
C’est un pied à l’étrier, un régal, un tel plaisir cette chanson avec Patrick, la rencontre tant attendue qui confirme l’idée !!! Chanter et toujours chanter !!! Découverte du son « studio » et de sa magie. C’est aussi avec cette chanson que j’ai rencontré Thierry DELANNAY, qui est un des plus « grand » de la musique zouk actuelle et future.

'Pourquoi vivre ça' extraite de la compilation tendance 9
Une superbe chanson rythmée avec des accords country. En plus, le texte est très « vrai » ; pourquoi vivre dans l’indifférence, la méchanceté ou la douleur ? Avec cette chanson, j’ai passé un très bon moment avec Milca et Thierry DELANNAY.

'Je ne voudrai pas' & 'Fanie' extraites de son album solo en 2005
Composées à 4 heures du matin en faisant le café (lol). Je pense que pour toute jeune fille, femme, dame etc a peut-être pu dire un jour, très fortement « je ne voudrai pas d’un amour d’un soir » car comme toutes les femmes, nous voulons la même chose : un amour vrai, sincère. Cette chanson est un peu une chanson « féministe », une chanson de la solidarité féminine.
Fanie, c’est mon titre fétiche. C’est ma grand-mère ! Une femme magnifique qui avait toujours le sourire. Maintenant qu’elle n’est plus avec moi, je me remémore souvent les souvenirs que j’ai avec elle. Lorsque je me plains pour un rien, un kilo en trop, d’un manque de temps pour le brushing. Je me dis, Fanie était aveugle… En permanence, dans le noir et pourtant toujours gaie sans se plaindre à longueur de journée alors qu’elle avait de quoi. C’est elle qui m’a donné sûrement cette envie de chanter qui ne se tarie pas. Fanie, c’était une grande pâtissière d’antan de Vauclin en Martinique.

'Via West Indies' nouvelle chanson extraite des compilations zouk soca dancehall, Zouk 40° ou encore Love story volume 2
Mon cœur s’arrête de se battre au moment où la porte de l’avion se referme et qui m’enlève de mon île, la Martinique. Je sais, je ne suis pas comme on dit une « native  », mais j’ai comme l’impression que mes fonctions vitales sont là-bas. Mais, attention, je n’oublie pas ma ville Marseille que j’adore… Une ville qui brille par ce mélange de peuple, de culture. Idéal, c’est de mélanger tous mes coins préférés : la Bonne mère sous les cocotiers, la Canebière sous le zouk, M & M (pas les chocolats) !!! Masillia et Madinina ou plutôt Madinina et Masillia. Les premiers retours de la réaction sur la chanson sont plutôt bons. OUF ! De la chanson sur la Martinique, je me suis rendue compte que toute personne qui a connu une perte de quelque chose qui lui est cher se reconnaît facilement. Je suis heureuse en tout cas que mon écriture plaise. Juste un grand merci à Pascal EVENTS (il sait la raison) et l’équipe d’enfer de chez Wagram.
Née d’un père guyanais et d’une mère martiniquaise, Maléna est une jeune chanteuse trentenaire. Elle passe la majeure partie de son enfance à Marseille, dans la Canebière. Ville française reconnue pour son métissage culturel, Maléna a choisi de mettre son art (la chanson) au service de ce pluralisme culturel, à travers sa langue créole. Sa musique est imprégnée d'un mélange délicat de variété française et de R&B sous une influence pop.
Déjà toute petite, elle recevait de ses parents ses premiers 45 tours en récompense d’une bonne note à l’école, qu’elle écoutait jusqu’à ce que ces vinyles soient rayés. Pour elle, c’était déjà la musique à la vie, à la mort. Et c’est sur les tubes de Whitney Houston ou encore Céline Dion qu'elle a pris conscience que la voix peut être un instrument au même titre qu'un piano ou une guitare.
Motivée par sa grand-mère Fanie (une non-voyante à qui elle a dédié un de ses titres), elle écrit ses premières chansons. Ses textes sont salués et aimés du grand public. Après quelques participations à des albums de compilation, elle réalise son rêve en sortant son premier opus, commercialisé sous le nom de Maléna Rio. Un CD de très belle facture intitulé « Fashion de penser », sorti en 2005. Un véritable « mix » musical avec le titre phare « Je ne voudrai pas » qui connut un succès public dans le milieu de la musique tropicale. C’est du pur son « Zouk love » avec un refrain digne des chansons des stars de zouk comme Jane Fostin, Perle Lama ou des Déesses. De cet album, d'autres titres comme « Faché faw'defache » ou encore « Fanie » sont là comme un trait pour souligner que la langue créole peut aussi être actuelle et fédératrice ; une langue qui sert également de train d'union entre différents peuples !
Cet été, Maléna R a présenté à son public sa nouvelle chanson « Via west Indies » qui est comme un avant goût de l'album qu'elle prépare actuellement. Commercialisée dans différentes compilations dont Zouk 40° sortie chez wagram, cette chanson est un concept nouveau à défendre pour Maléna. Le refrain dit : « Et la porte de l'avion s'est refermée, et je te regarde et je pleure à tes côtés… ». Vous avez bien compris, cette chanson est un hommage à toutes les personnes qui habitent loin de chez elles, éloignées des siens par la force des choses. C’est cette nostalgie de « là-bas » qui se transforme en texte musical chez Maléna comme elle sait si bien le faire. Par ce talent, elle illumine la musique zouk depuis la Canebière. Découvrez ses chansons sur sa page myspace www.myspace.com/fandemalena

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/19/malena/index.htm

LULENDO : UN SOUFFLE NOUVEAU S'ELEVE SUR L'AFRIQUE

 

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Installé en France depuis belle lurette, l’artiste musicien Lulendo fait aujourd’hui partie des éléphants de la musique africaine dans l’hexagone. Musicien angolais né à Maquela do Zombo, dans la province de Uige en Angola, Lulendo quitte très jeune la campagne pour la ville. Il grandit à Luanda, où il chante dans des chorales religieuses. Et quand il retourne passer des vacances au village, son grand-père lui enseigne les traditions bakongos, leurs rituels ainsi que l’art du likembé (piano à pouces en lamelles métalliques). La guerre ravageant son pays, il débarque à Paris en 1982. Sa rencontre avec des musiciens de renom tels que MANU DIBANGO, SAM MANGWANA, ALAIN DIENG, DIDIER LOCKWOOD, JOHN HELLIWELL (SUPERTRAMP), CARLINHOS BROWN... donne une nouvelle vie à sa carrière musicale. Il devient alors choriste (scène et studio) et musicien.

Après donc la sortie de trois albums aussi meilleurs les uns que les autres, À qui profite le crime ? (2001), Angola (2005), Live Session (2007), le Franco-Angolais met sur le marché du disque son dernier opus intitulé Soul of Africa.

Sorti chez VOX TERRAE, Soul of Africa (l’Âme de l’Afrique) est un nouvel album envoûtant de 12 titres chantés d'une voix limpide en lingala, kikongo, portugais et français. Il s'ouvre sur un air nostalgique, Oh Floresta Mae, et se ferme par une rythmique bien ponctuée, Harpangada, qui ne manque pas de fournir à l'auditeur d'intenses moments d'émotion, notamment grâce à des chœurs au chant nuancé et enchanteur. Que dire de Rainha et des autres titres ? Sinon que des musiques empreintes des trésors de la tradition, tout en restant des productions actuelles et plus urbaines.

Virtuose du Likembé, l’artiste pratique un genre musical, le kuduro, une sorte de musique électronique 100% africaine, née dans les ghettos de Luanda, en Angola. Ses chansons mettent en valeur son attachement à l'Afrique et à son pays en particulier. Ce 4ème album s'apparente à un retour aux sources et rend non seulement hommage à son pays, à ses racines, mais aussi à tout un continent.

Pour promouvoir Soul of Africa, Lulendo sera sur scène le 23 septembre prochain au Satellite Café à Paris, puis le 29 novembre à l’Auditorium du Musée des Arts 1er.

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Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

"ÇA VA SE SAVOIR" : LE DERNIER BOUCAN DE MOLARE

 

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Après un énorme succès avec son single “On est ensemble” en featuring avec Mokobé qui lui a valu un disque d’Or, la star du Coupé décalé Soumahourou Moriféré alias Molaré vient de réaliser un nouvel album qui sera dans les bacs à partir du mois de septembre 2008.

Le nouveau boucan de Molaré baptisé “Ça va se savoir” est une œuvre musicale de seize (16) titres bien rythmés et variés. Dans ce nouvel opus, le Molare rend hommage à nos chères mamans et surtout à son compagnon de tous les temps, le Président Douk Saga avec la reprise du titre Hommage de la Jet Set. Un clin d’œil fait aux femmes ("La choquante" et "Ana") et une dédicace aux enfants de la rue donnent plus de baume à l’album. Toujours dans le concept coupé décalé, le nouveau cri sonore parle aussi du quotidien, fait (re)vivre la joie et fustige les jaloux. Pour bien adapter l’album aux gouts des mélomanes, “Ça va se savoir” n'est pas que du Coupé-Décalé sur toute la ligne car on y trouve presque tout : du Slow au R&B en passant par la musique urbaine.

Enregistré entre Abidjan, Paris et mastérisé à Londres, ce disque connaît les featurings de ses amis de la Jet Set et du franco-malien Mokobé inscrit désormais dans la mouvance Coupé-décalé. Les arrangements sont assurés par les génies de la musique d’ambiance que sont : Koudou Athanase, David Tayorault, Evariste Yacé, Kader Djiré, Fréddy Assogbah, Baby Phillip, Dénis Latif, Max Héros pour ne citer que ceux-ci. Avec toutes ces touches de connaisseurs et de feauturings, on sent plus de maturité et de sérieux du côté de Molaré pour la revalorisation de l’image du Coupé Décalé.

Pour mieux assurer la promotion de « Ça va se savoir », Molaré a réalisé quatre clips vidéo dont deux à Paris, un clip à Abidjan et un autre au Maroc. Produit par Obouo Music de David Monsoh, l’album sera disponible chez les disquaires en coffret CD, DVD avec une galerie photos. Selon le producteur qui s'est confié à nous, la sortie internationale de ce disque est prévue pour le 5 septembre 2008 en France dans tous les magasins Fnac et Virgin, puis en Belgique, Espagne et Angleterre. Il sera disponible le 16 septembre aux Etats-Unis et dans plusieurs pays africains.

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/18/molare/index.htm

"JUNE SHOP" : L’HISTOIRE DE DEUX PERSONNALITES, DE DEUX CULTURES ET D’UNE MARQUE

 

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"JUNE SHOP", c'est l'histoire de deux jeunes filles qui se sont rencontrées par hasard sur un même lieu de travail lors d'un job d'été à Paris et qui ont décidé de mettre en commun leur passion pour la mode et le continent africain. De cette idée est née JUNE, une marque de vêtement dont le label n'est rien d'autre que l'assemblage de leurs deux prénoms par apocope : JUNE c'est donc JU – lie (Julie) + NE – lly (Nelly).

Julie et Nelly sont deux amies, deux personnalités complémentaires. L'une (Julie) est Blanche et l'autre (Nelly) est Noire comme le montre si bien leur logo, un zèbre. « Le choix du logo n'est pas fortuit. Le zèbre est un animal qui renvoie à l'Afrique avec sa robe rayée de bandes noires sur du blanc. Cela nous ressemble et montre notre amour pour l'Afrique. En même temps notre concept est un double regard esthétique où Afrique et Occident dialoguent ensemble pour une union harmonieuse entre authenticité et modernité », souligne Nelly la conceptrice du logo.

Ce qui est frappant dans les vêtements JUNE, c'est qu'ils sortent les tissus africains de leur image folklorique et mettent en valeur leur richesse et leur diversité. En mélangeant aisément les tissus africains, wax, basins (coton tissé aux dessins ton sur ton) ou bogolans (tissages de coton brut avec peintures aux pigments naturels) à des matières « occidentales » comme le velours côtelé, le jean, la soie sauvage, le tissu vichy, ou encore la laine polaire, le design JUNE témoigne également de ce métissage en intégrant des tenues du monde entier telles les robes flamenco en wax, les kimonos en basin, les tuniques col mao en satin et basin et les kilts écossais en bogolan, etc.

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La collaboration artistique de ces créatrices a permis de mettre sur pied de petites affaires en tout début. D'abord par la réalisation de sacs de plage en wax (imprimés africains sur tissus de coton), elles ont fini par s'attaquer à des coupes de plus en plus complexes. Beaucoup sollicitées par une clientèle colorée, elles présentent aujourd'hui une ligne de prêt-à-porter féminin complète, avec deux collections par an, été comme hiver, pour un public très hétérogène. Avec un concept qui réconcilie l'exotique et le classique, JUNE propose également un même modèle décliné en 13 articles allant du 36 au 50, dans 13 tissus différents aussi bien pour le boulot ou la sortie que la ténue de détente.

Partenaires et complémentaires à parts égales, Julie et Nelly décident de tout ensemble, dessinent et réalisent les modèles à quatre mains, et gèrent elles-mêmes leur marque, même si elles n'ont pas les mêmes goûts en matière vestimentaire : Nelly développe des tenues courtes et près du corps aux couleurs chatoyantes, tandis que Julie affectionne les longues tuniques élégantes plus sombres pour mettre en valeur les peaux blanches. Le 29 mars 2008, elles ont présenté leur dernière collection « Melting Mode » qui réinterprète le folklore ethnique dans un cadre urbain lors d'un défilé au Cabaret Sauvage à Paris devant une pléthore d'invités et de spécialistes en la matière.

Créatrices autodidactes, ces deux jeunes femmes sont entrées dans la couture par amour et par « effraction ». Après une Licence d'anglais, Julie, 30 ans, est partie vivre au Sénégal où elle a découvert la richesse culturelle et artisanale du pays. De retour en France, elle a occupé pendant 4 ans un poste de chargée de clientèle dans une compagnie internationale de location de voiture. Nelly, 28 ans, quant à elle, est titulaire d'une Maîtrise de Philosophie. Elle a travaillé 3 ans au sein d'une prestigieuse agence de photographes. Camerounaise d'origine, elle a toujours vécu entre la France et son pays natal, cultivant ainsi une double culture. Toutes deux, elles partent deux fois par an en Afrique pour se ravitailler en matériaux.

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La boutique JUNE SHOP est située à l'adresse suivante :
13 Villa Saint Michel 75018 PARIS, Metro la Fourche ou Guy Moquet (ligne 13)
Tourner au niveau du 46-48 avenue de Saint-Ouen. Elle est ouverte du lundi au samedi de 10h30 à19h00

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/17/june/index.htm 

7/9/2008

ADJI (EX-COMPAGNE DE BLACK SO MAN) : "JE CONTINUE L’OEUVRE DE BLACK SO MAN "

 

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Black So Man, cet artiste burkinabé a été révélé au grand public en 1999, par sa fameuse chanson « Adji », titre donné pour magnifier une jeune femme rencontrée au cours d'un de ses concerts et avec qui il vivait maritalement. Mais par la force des choses, Black So Man perd la vie à la suite d'un accident de voiture le 2 mars 2002, laissant dans larmes cette jeune femme à peine séparée d'elle conjugalement et un fils du nom de Latif, maintenant 10 ans.

Quelques années après la disparition de Black So Man, son ex-compagne, Adjarhatou Sanon connue sous le nom de Adji, se lance sur ses traces par un album-hommage tout en décidant de faire carrière dans la musique. « J'aimais déjà la musique dès mon jeune âge car j'étais danseuse. Au lycée, lors des soirées culturelles, j'interprétais les chansons de M'Bilia Bell, Aïcha Koné, Tshala Muana. De plus, j'aimais beaucoup les concerts et c'est justement lors d'un concert que j'ai rencontré Black So Man. Cela remonte aux années 93-94. Si je suis restée depuis lors dans l'ombre, c'était parce qu'il me trouvait très jeune et ne voulais pas que je m'engage dans cette voie. J'ai même été choriste sur certaines tournées mais il n'a pas voulu que je continue. Je ne suis pas devenue chanteuse subitement. En quelque sorte, je continue l'œuvre de Black So Man », confie la chanteuse au magazine féminin AMINA du mois de mai 2008.

En effet, Cet album intitulé « 5 ans déjà…Adji chante Balck So Man » est le tout premier produit musical de Adji, nom d'affection que lui donné Black So Man. Sorti en 2007 pour rendre hommage aux cinq années de décès de l'artiste, le produit comporte 7 titres avec un style qui lui est propre. Dans l'album, Adji reprend en partie des airs de Black So man, le Djandabi, juste pour lui rendre hommage. Elle a également retouché la plupart des morceaux à sa manière sur des airs tradi-modernes avec des rythmes Wiré, waraba, Gourmatchéma et bien sûr du coupé-décalé que les Burkinabés affectionnent tant. Un son comme "Blacky", la version inverse de "Adji" chantée par Black So Man, est l'un des titres phares, car ce n'est plus Black So man qui court à la recherche de Adji, mais plutôt Adji et Latif (leur fils) qui, cinq ans durant, s'interrogent sur la disparition de leur "Blacky" (Black So Man), comme le montre si bien le clip conçu à cet effet. Aussi "Africa", "Femmes du Burkina Faso", "Grand-père" et "Wayé Songui Etalon" sont-ils évocateurs tant au niveau des textes que des mélodies dansantes.

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Si pour la confection de l'œuvre (qui lui a pris trois bonnes années) Adji a sollicité l'aide de l'arrangeur Sam Zongo Etienne et les voix des choristes comme Awa Melonne, Charlotte et Pierre Guéneau, la production est l'affaire de Adji Sanon Adjarhatou Djarha herself.

Un album de très belle facture pour une débutante qui mérite d'être soutenue. « Je n'en suis qu'à mes débuts et je m'emploierai à perfectionner ma voix. J'ai déjà reçu des propositions de stages à cet effet en Europe mais je n'ai pas encore les moyens de m'y rendre ; si je trouve le billet d'avion, le séjour sera pris en charge par des amis sur place », laisse-t-elle entendre.

De cet album-hommage, sont nés deux autres : "Fuodi" « merci » en langue gourmantché sorti fin 2007 et "Siadoloo" avec le titre phare "Kaloulé" « C'est l'amour » en dioula sorti en février 2008. Deux albums de belle facture qui permettent à Adji de gagner en maturité et de marquer l'esprit de ses nombreux fans en empruntant à son défunt mari, Black So Man, le style assez original du « Djandabi ».

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

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ANGÉLIQUE KIDJO SUR RFI : ELLE MET EN GARDE MUGABE ET LES CHEFS D’ETAT AFRICAINS

 

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Angélique Kidjo ne sait pas que chanter. Elle sait aussi donner son avis sur les problèmes politiques qui minent son très cher continent. Invitée de la Radio Française Internationale le 27 juin dernier, l'Ambassadrice de bienfaisance de l'UNICEF et lauréate du Grammy Awards du meilleur album de musique contemporaine 2008 avec son album "Djin Djin" s'est prononcée sur le processus électoral au Zimbabwé et les grands axes de processus de Paix et de Démocratie en Afrique en répondant aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Angélique Kidjo, bonjour !
Angélique Kidjo : Bonjour !
RFI : Comment réagissez-vous à ce qui se passe au Zimbabwe aujourd'hui ?
AK : Je suis triste. Je suis triste et en même temps je suis optimiste parce qu'on ne peut pas tirer trop longtemps sur la corde car elle finira par se casser. Et monsieur Mugabe doit permettre à la démocratie d'exister. Il fait de la résistance pour l'instant, mais il arrivera bien un moment où il va falloir qu'il lâche du lest. Moi, ce que j'aimerais bien de la part des dirigeants des autres pays africains, c'est qu'il n'y ait pas de caution de leur part par rapport à ce qui se passe. Et que, quand il ya un leader dans un pays africain, qui prend sa population en otage et qui plus est flou en ce qui, on ne sait pas, dans ce qui est de la politique de l'ingérence du pays, qu'on se tienne les mains. Il faut soutenir les mains dans les processus de Paix et de démocratie.
RFI : Quand vous entendez Robert Mugabe accuser son opposant Morgan Tsvangirai d'être une marionnette des Blancs ?
AK : Lorsqu'on est pro Africain et qu'on est en train de travailler pour une population africaine, on ne la prend pas en otage. On ne la torture pas, on ne l'assassine pas. Donc, moi, ce discours-là ne m'intéresse pas. Ce discours que j'ai envie d'entendre de Monsieur Mugabe, c'est qu'il dise : « Ok, d'accord ! Revenons à un processus de vote clair avec des observateurs de l'extérieur » ; être un homme, être courageux. Etre un Chef d'Etat digne de ce nom, c'est d'avoir les reins solides pour dire : « je suis un homme, je me tiens debout. On va avoir un vote clair ». Au jour d'aujourd'hui, Monsieur Mugabe sait très bien qu'il ne peut pas faire ça, parce qu'il n'a pas la majorité dans son pays et qu'il est obligé de rester au pouvoir. Il est obligé de passer par la dictature.
RFI : Alors, c'est vrai qu'il n'est plus populaire dans son propre pays, mais apparemment, son discours contre la Grande-Bretagne ou contre l'Occident, etc.…passe encore dans un certain nombre de pays africains. Est-ce qu'il est toujours aussi populaire en Afrique de l'Ouest, par exemple ?
AK : Moi, je ne pense pas qu'il soit populaire en Afrique de l'Ouest. Moi, j'étais au Benin fin mai-début juin, personne n'en parle. Et c'est justement ce silence que moi je trouve dommage dans tous les pays d'Afrique d'ailleurs. Il n'y a pas de prises de position claires, parce qu'on se dit qu'on se retrouvera tous au cours d'une réunion de l'Unité Africaine et on va se faire taper sur les doigts. Ce n'est pas un groupe d'enfants qui jouent. Ce n'est pas un groupe de leaders de pays d'Afrique qui se tapent dans le dos. Il faut que les populations africaines soient préservées au détriment de la soif de pouvoir des uns et des autres.
RFI : Alors les Chefs d'Etat africains se retrouvent lundi prochain à Sharm El Sheikh, en Egypte pour un nouveau sommet de l'Union africaine, qu'est-ce que vous en attendez ?
AK : J'espère que cette fois-ci le discours de Monsieur Mandela va résonner dans leurs têtes pour que cette réunion soit un peu différente des réunions de consensus entre eux qu'ils font.
RFI : Nelson Mandela a dénoncé en effet la tragique défaillance de la direction du Zimbabwe…
AK : Mais oui ! C'est une défaillance tragique et malheureuse et ça, c'est parce que si Mugabe se sent fort au jour d'aujourd'hui, c'est parce que sur tout le continent africain, aucun des leaders des pays africains ne s'est levé en disant : « nous sommes contre » ; parce que, d'un moment à un autre, ils peuvent tous se retrouver dans la même position que Mugabe et faire la même chose. C'est donc là le problème en Afrique.
RFI : Vous voulez donc dire, Angélique Kidjo, que beaucoup de Chefs d'Etat africains se taisent parce qu'ils ont peur d'être exposés aux mêmes reproches que ceux que l'on fait à Robert Mugabe aujourd'hui ?
AK : Mais quelque part, le fait de ne pas parler, de ne pas prendre position, c'est couvrir les uns les autres ! Est-ce que les Chefs d'Etat africains aujourd'hui pensent vraiment au bien-être de leurs populations, est-ce qu'ils y pensent ?
RFI : Alors, les Chefs d'Etat africains n'ont pas tous les mêmes attitudes, le Zambien Levy Mwanawasa, par exemple, est beaucoup plus critique que le Sud-Africain Thabo MBeki ?
AK : Vous voyez, c'est pourquoi je disais au départ que j'avais de l'espoir. Monsieur Thabo MBeki, il est voisin du Zimbabwe. S'il avait voulu aider vraiment les Zimbabwéens, il l'aurait pu le faire depuis longtemps. Il aurait suffi qu'il dise, il ya un an ou deux ans de cela, à son homologue zimbabwéen : « ce que tu fais n'est pas bien et que ça s'arrête » pour que les gens retournent dans leur pays. Et ça, pour moi, qui est une preuve de manque de leadership. On ne peut vouloir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas jouer sur tous les tabous. Et les personnes qui souffrent le plus, c'est nous les Africains.
RFI : Alors, Angélique Kidjo, vous vous mobilisez aussi pour que les pays du G8 qui avaient promis une aide importante à l'Afrique lors du sommet de Glaninger en 2005 pour que ces pays tiennent leurs promesses ?
AK : C'est la première fois que les pays du G8 signent une sorte de contrat moral. Ils ont promis 23 milliards d'euros, ils n'ont donné que 3 milliards ; c'est-à-dire que 14%. Alors, ces 3 milliards ont permis à 29 millions d'enfants d'être scolarisés, à 60 millions d'Africains d'avoir accès aux médicaments contre le SIDA. Imaginez que les 23 milliards qu'ils ont promis soient donnés avant 2010, d'ici à deux ans, on aura réussi à commencer à tordre le coup à cette pauvreté grimpante qu'on a en Afrique. Moi, j'aimerais que les pays du G8 tiennent leurs promesses. Quand on a signé un contrat, il faut absolument le respecter.
RFI : Alors, est-ce que, avec vos amis Yannick Noah et le chanteur Bono Elkeldock, vous avez rencontré les interlocuteurs du G8 ?
AK : Non, pas encore ! Mais, on a envoyé le message qu'il faut et je pense qu'à un moment donné on les rencontrera, soit au Japon, soit Monsieur Bono Elkeldock, pour nous ira les rencontrer, s'il faut…
RFI : Au prochain sommet du G8 au Japon ?
AK : Au prochain sommet du G8 s'il faut qu'on se remobilise pour qu'on aille les voir, on ira les voir.
RFI : Angélique Kidjo, merci !

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

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"MANY THINGS" DE SEUN KUTI : UN ALBUM SIGNE AU NOM DU PERE, DU FILS ET DE L’AFROBEAT

 

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Les mélomanes connaissaient bien sûr Fela, le célébrissime créateur de l'Afrobeat, l'homme aux vingt-sept femmes mort du sida, il y a bientôt onze ans, mais aussi Femi, son fils aîné, lors des scènes populaires au Nigéria. Désormais, il faut compter avec Seun (prononcer Shéhoun ; l'abréviation de son prénom Oluseun qui signifie « Dieu a fait de grandes choses » en langue yoruba du Nigéria, le nouveau prince de l'Afro beat. Le benjamin du plus célèbre chanteur du Nigeria vient de sortir son premier album : Many Things avec l'aide des mythiques musiciens de son père, Egypt 80.

De son vrai nom Oluseun Anikulapo Kuti, Seun Kuti, est le benjamin des trois fils du chanteur nigérian Fela Anikulapo Kuti né en 1982. L'aventure commence très tôt pour le jeune Kuti. Déjà adolescent, il intègre la formation musicale, Fela's Egypte 80, de son père. Ses membres jouent ensemble depuis plus de vingt ans prouvant que la musique est avant tout une histoire de relations humaines et que même à plus de 70 ans, un musicien de génie peut encore servir à quelque chose.

Many Things (« nous avons fait beaucoup de choses ») est l'une des sept chansons qui doit son titre à l'album. Ce titre phare et satirique débute par un extrait d'un discours d'Obasanjo, l'ex-président du Nigéria. La section rythmique en est vraiment saisissante et le bassiste Kayode Kuti est l'une des surprises de cet opus. Quant au batteur, Ajayi Adebiyi, il n'a rien à envier aux plus grands du jazz contemporain, à l'instar d'un Al Foster ou d'un Paco Séry. Les deux trompettistes - Emmanuel Kunnuji & Olugbade Okunade – apportent leur touche en tant que solistes dans les titres « Many Things » et « Mosquito Song ».
Fela Kuti pourrait être fier de son fils : Seun Kuti est devenu le véritable maître de l'afrobeat, le meilleur de cette longue tradition musicale.

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« Contrairement à Femi qui a pris ses distances avec mon père, est parti aux Etats-Unis et créé son propre groupe, moi je suis resté jusqu'au bout avec lui. Quand je suis né mon père avait près de 50 ans. Il était moins radical, il chantait moins, il était beaucoup plus souvent à la maison, et j'ai été très proche de lui. Il m'a vraiment choyé. Mais ce n'est pas lui qui m'a poussé à faire de la musique, ni ma mère. Je l'ai décidé de moi-même, à l'âge de 8 ans, et j'ai pratiqué tous les jours pendant des années. Un jour, mon père m'a demandé ce que je voulais faire dans la vie. J'ai dit : « Chanter sur scène ! ». Il a dit : « Mais tu sais chanter ? ». Alors je lui ai chanté « Sorrow, blood and tears » et je l'ai épaté. On a répété avec le groupe, et j'ai donné mon premier concert en 1991. J'avais un trac terrible. Mon père m'a dit après le concert : « Tu ne dois pas avoir peur du public. Tu dois faire face ! », se souvient-il encore.
À la différence de ses frères et sœurs, Seun a profité de la relative présence de son père à la fin de sa vie pour apprendre et tirer les leçons de son discours et de sa musique. Lorsque son père meurt, le 2 aout 1997, il a tout juste 15 ans, et rares sont ceux, parmi ses proches, qui le croient capable de reprendre le flambeau. Le jeune héritier est conscient de la portée planétaire de l'œuvre de son père : « Si l'afro-beat a une reconnaissance planétaire aujourd'hui, c'est parce que l'audience de Fela était planétaire ! ».

L'orchestre du père, Egypt 80, un des orchestres les plus légendaires d'Afrique, est devenu celui du fils. Depuis, il le dirige comme chanteur soliste et saxophoniste. Avec les musiciens, Seun fait revivre la plus originelle incarnation de l'Afro beat. Il a su s'imposer comme une star à part entière faisant de lui, sans doute, le dépositaire de l'héritage musical de son père. Désormais, très aguerri sur scène, Seun fait vibrer le public lors de ses concerts. Sa dernière sortie au Bataclan, à Paris, le 26 mai dernier en témoigne.
A 26 ans aujourd'hui, avec la sortie de Many Things, c'est donc un véritable coup de maître que Seun Anikulapo Kuti signe au nom de son père (Fela), du fils (qu'il est en tant qu'héritier) et de l'Afrobeat, le genre musical devenu un héritage familial.

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

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5/7/2008

CONCERT D’AHIWO INTERNATIONAL À PARIS : PARI REUSSI !

 

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Groupe musical tradi-moderne créé en 1997 sous les cendres des Rossignols d'Ananguié, Ahiwo Orchestra devenu Ahiwo International par sa constance sur la scène musicale ivoirienne et étrangère, est devenu un Orchestre à succès. De ces 15 années d'existence, sont nés 14 albums dont le tout dernier à ce jour sorti en début d'année 2008 s'intitule "Equilibre", un tel titre pour marquer son maintien sur le plan national et conquérir désormais la scène international. Et c'est ce qu'ont réalisé CBS Music et le Fan Club Ahiwo de Paris au sein duquel sont réunis plus d'une centaine d'Ahiwophiles pour célébrer l'Ahiwo International Live Tour 2008 Paris – Lyon – Paris, qui a débuté ce 12 avril 2008.

Des retrouvailles au goût du Maquis du Château d'Abobo…
Prévu pour 21H, c'est finalement à 23 h 45 que les musiciens parés dans des complets jeans griffés au nom de l'orchestre font leur entrée sur la scène. Après un tour d'honneur et une présentation des membres du Fan Club Ahiwo, les premiers décibels retentissent. Du coup, la grande salle de l'Espace Chevreul de Nanterre (Région parisienne) se transforme en « bal poussière » donnant un véritable goût du Maquis du Château d'Abobo, à Abidjan. Hommes et femmes collés deux à deux se libèrent comme cela n'a jamais été depuis leur arrivée en France. D'autres, dansant seuls, les mains en l'air, balancent les fesses au rythme de l'ako, un genre musical en pays akyé.
"Paris leu, Ki mianmian, Ebié sin bin, Compression, Min Koaminyé, Seuboé, Simpé, Kaleu, Sinbi Poko,... sont quelques titres égrenés de leur long répertoire musical.
C'est donc un public imbibé de bons sons du terroir akyé qui a été obligé de quitter à l'aube les travées de la salle Chevreul la mort dans l'âme à la suite d'une coupure d'électricité.

Des dons financiers et en nature
Ce samedi soir-là, la solidarité artistique et fraternelle a aussi agi. Avec le groupe Abenan Louis Nouveau et un jeune artiste pop venus apporter sur scène leur soutien à l'orchestre Ahiwo.

L'un des moments les plus remarqués et remarquables était la remise des dons. C'est ainsi que, en plus des dons financiers qui avoisinent les 6 000 € (environ 4 millions de F CFA), dont 1 500 € du parrain KAKOU Paulin, le patron du magasin IVOIR EXOTIQUE, l'ONG IHOHAGAF avec son président Monsieur SÉKA ATSÉ Clément venu spécialement de Stockholm (Suède) pour participer au spectacle a offert un lot de douze (12) costumes à l'ensemble des musiciens de l'orchestre. « Si j'ai pu faire ce don à mes parents et frères d'Ahiwo, c'est grâce aux soutiens des magasins et enseignes suédois tels que AXELSSON, DOTTING ATAN, SCORETT MIXAGE, DIN SKO, ECCO, GROSSHANDLAREN, KLÄDETTAN à Tumba et les remerciements a Frederik Bengtson du journal Stockholm City qui m'ont beaucoup aidé et ça, je tiens à les remercier vivement. Et puis, une soirée de telle envergure avec AHIWO qu'on ne voit que lorsqu'on se retrouve au pays, ne se manque pas quand ce groupe a la possibilité de faire le déplacement jusqu'en Europe », affirme le jeune donateur tout souriant.

Un fan Club dynamique et mobilisé.
Si la soirée a obtenu un écho favorable, c'est d'abord la force et le dynamisme du Fan Club Ahiwo France. Ce Club qui regroupe plus d'une centaine de membres en son sein a fait des pieds et des mains pour obtenir 12 visas aux membres de l'orchestre pour leur voyage. « Ce n'était pas chose aisée au départ. C'est un travail d'environ 2 ans de réflexion et de préparatifs pour que notre rêve se réalise. Aujourd'hui, avec l'arrivée d'Ahiwo en France, le Fan Club s'agrandit par de nombreux adhérents et cela, je ne peux qu'en être fier. J'en profite pour féliciter le Parrain KAKOU Paulin qui prend en charge 1 mois durant le séjour de tous les membres de l'orchestre », s'estime très heureux DINGUI Charles, le président du Fan Club.

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Mais après cette première sortie réussie, l'Orchestre devrait bientôt prester à Lyon puis revenir à Paris pour un dernier show le 17 mai avant de rentrer définitivement au bercail le 19 mai prochain. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe Ahiwo conserve sa posture internationale au détriment des autres orchestres de la région avec un management digne de ce nom et le carton que fait son dernier album.

4/1/2008

CLAUDY SIAR : UN MILITANT CULTUREL DE PREMIERE CLASSE

 

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Claudy Siar est celui-là même qui se définit comme un "Africain de la Caraïbe, né et grandi en France". C’est un animateur de Radio qui a toujours milité pour une société plus juste. Grâce au succès de son émission "Couleurs Tropicales" sur RFI, il joue un grand rôle en Afrique où il mène de nombreux combats. L’un de ses combats qui a failli lui couter son licenciement de la Radio France Internationale est d’avoir pris faits et causes en critiquant son pays, la France dans la crise ivoirienne. C’est dans son bureau à la maison de Radio-France à Paris que nous avons rencontré le créateur du zouké-décalé, un concept de rapprochement entre peuples et cultures d’Afrique et des Caraïbes pour une interview sur des points bien précis.

Claudy Siar et sa première émission radio et télé
Ma première radio, c’était en janvier 1983 sur TROPIC FM. Comme j’aimais la variété afro-américaine à l’époque et l’automobile, je passais la musique afro-américaine et je parlais de voitures. Bref ! C’était l’émission de radio la plus ridicule de la bande FM. Très vite, j’ai compris et je pense que je n’ai fait qu’une émission comme ça. Je me suis donc dit que pour faire ce métier-là, il me faudrait apprendre tous les rudiments et partir de la base. C’est ainsi que l’année suivante je me suis retrouvé à Europe 1 en tant qu’Assistant.
Pour la première émission télé, c’était le 30 octobre 1988. J’animais la rubrique musicale sur France FR 3 à l’époque (aujourd’hui France 3, NDLR) tous les dimanches matins. Je parlais de musique afro et d’outre-mer. L’émission s’appelait Latitude.

Claudy Siar et RFI
Tout a commencé le 13 mars 1995, donc 13 ans dans cette radio. C’est vrai qu’à l’époque je n’imaginais pas que je serais à RFI puisque j’étais toujours sur France 3 et en même temps sur M6. Bien vrai que j’avais postulé à RFI, je n’imaginais pas que cette radio ferait appel à moi. Moi, je cherchais à être sur les antennes d’Africa N°1. Le rêve de beaucoup d’animateurs, producteurs ou journalistes en France, c’est d’être peut-être sur France Inter, RTL, Europe 1 ou je ne sais quoi. Mais moi, mon rêve c’était Africa N°1, c’est-à-dire une radio africaine où j’allais pouvoir parler au continent. Et finalement avec Africa N°1, les choses ne se sont pas faites, et 15 jours après, RFI m’a appelé pour me proposer d’animer l’émission Canal Tropical.

Claudy Siar et Tropiques FM
"Tropiques FM" du XXIe siècle, ça c’est notre entité à nous. Mais il y a eu le "TROPIC FM" du XXe siècle, c’est-à-dire de 82 à 92 qui était une radio associative et qui n’avait rien du tout à voir avec ce dont certains font le lien. Nous, on a repris le nom de "Tropiques FM" en l’orthographiant autrement d’ailleurs. On voulait à la fois rappeler les prémices de la radio des originaires d’Outre-mer, des Afros de la capitale française. Tropiques FM aujourd’hui, même si elle défend en grande partie les Français d’Outre-mer, c’est une radio qui est ouverte sur le monde afro et le monde également. Je pense qu’on a vraiment créé une radio qui permet aux uns et aux autres d’échanger, de porter leur culture, de ne pas la vivre comme étant une culture de ghetto. En un mot, c’est une radio qui part à la conquête du monde avec des animateurs ambitieux. Il est hors de question de n’inviter que des gens d’Afrique, de la Réunion, des Antilles ou de la Guyane sur cette radio, mais des gens qui font l’actualité, ceux qui font la société française et ceux qui font que le monde tourne avec un regard qui est le nôtre.

Claudy Siar et Couleurs tropicales
Je ne savais pas ce que serait cette émission. En me posant cette question, je pense au nom de l’émission. Au départ, la direction de l’époque de RFI souhaitait qu’on conserve CANAL Tropical et évidemment, moi je ne souhaitais pas du tout. Tout simplement parce que Gilles Obringer avait écrit des pages magnifiques des musiques d’Afrique et des pages importantes de cette radio RFI et je trouvais qu’il faudrait nous aussi écrire une autre page, faire autre chose ; donc donner une autre identité à ce programme musical. D’autant que moi, je voulais vraiment remettre les musiques dans un contexte social et politique et donc forcément, il fallait donner un autre nom. Et tous les noms d’émission que je proposais à l’époque ne convenaient pas, parce que trop "parisiens". Avec le recul, je m’en rends compte. Et un soir, un peu la mort dans l’âme, j’ai comme ça une petite lumière qui s’allume et je pense à "Couleurs Tropicales" qui a été accepté par André Larquie, le président de RFI à l’époque. Finalement, un nom n’est rien, mais ce qui est important c’est le contenu et non le contenant. Le contenu que nous avons donné à cette émission-là, et bien à ce nom-là, n’a rien d’exotique. Ce n’est pas les jolies filles avec la musique du soleil. Il y a une dimension politique et militante dans "Couleurs Tropicales" qui fait que ce nom qui pouvait sembler léger au départ, et bah ne l’est pas du tout.

Claudy Siar et la chanson
C’est cinq albums déjà. Le premier : Rebel, c’est en 1990 avec SALINES, mon Groupe. Deuxième album, en 1991 : Génération Consciente. Le troisième, c’est Tant de combat à mener. Le quatrième, Trouver sa route, sorti fin 99 et puis le concept zouké-décalé est le cinquième album sorti en 2005.

Claudy Siar et le zouké-décalé
Dans le concept zouké-décalé, il y a deux choses : pour moi, le zouk est devenu une musique africaine et le coupé-décalé est devenu aussi une musique caribéenne. Et puis, je trouve que par le biais de la musique, on peut faire en sorte que les peuples d’Afrique et sa diaspora se rapprochent parce que les idéologies esclavagistes et colonialistes ont fait beaucoup de mal pour nous séparer pour dire : « les Africains vous ont vendus et, ceux-là (les Antillais), ils sont rien, ce sont des déchets. Ce ne sont que des vendus ». Alors, c’est à nous de faire, par la musique, en sorte que tous ces mensonges-là ne soient plus dans notre quotidien, dans notre façon de penser et de fonctionner face à l’autre. Pour moi, j’ai trouvé que ces deux mots (Zouk / coupé-décalé) pouvaient vraiment bien se « marier » et que les artistes de coupé-décalé pouvaient échanger avec les artistes de zouk et vice-versa. Il y a du militantisme dans ce concept évidemment.

Claudy Siar et la politique
Je fais de la politique comme tout le monde, c’est-à-dire en prenant position, en disant ce que je pense, en m’engageant. Mais ce n’est pas de la politique politicienne. Mes idées transparaissent dans les interviews que je donne ou dans mes prises de positions à la radio. A cet effet, j’ai clairement pris position dans la crise ivoirienne où j’ai failli être licencié à deux reprises de RFI. Il y a un Ambassadeur de France au Mali qui avait demandé mon licenciement de RFI parce que j’avais donné un article où j’avais pris faits et causes pour la Côte d’Ivoire en expliquant que le scénario de la France est un scénario inacceptable par le peuple ivoirien et inacceptable par moi qui étais Français qui pouvais critiquer mon pays. S’il ya donc une exception qui confirme la règle, c’est bien la Côte d’Ivoire. Alors là, je suis allé jusqu’au bout des choses car vraiment trop était trop.

Claudy Siar et la Génération consciente
C’est un album sorti en 1991. Ce mouvement est toujours là avec quelques copains dont l’un est aujourd’hui journaliste financier à San-Francisco. Nous, avec Génération Consciente, on avait envie de changer le monde. Aujourd’hui, c’est devenu une Association qui organisera la marche de la Liberté le 10 mai 2008 à Paris pour commémorer l’abolition de l’Esclavage, mais pas seulement l’Esclavage, mais mettre le doigt sur ce qui fait mal dans la société française telles que les discriminations faites aux gens pour leur peau, leur sexe et leur appartenance politique et religieuse ou autre. Si aujourd’hui l’esclavage n’existe plus, il a pris une autre forme qui est la discrimination raciale ou sociale. Pour moi, Génération Consciente est avant tout un état d’esprit dans lequel se retrouvent bon nombre de jeunes et de moins jeunes sur le continent africain, dans la Caraïbe ou ici en France.

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Claudy Siar et le racisme en milieu professionnel
Il existe, même dans le métier que je fais, il y a du racisme. Comme ce sont des gens qui ont une certaine éducation qui évolue quoique parfois bien présents dans ce métier-là, ce sont donc des choses qui ne sont pas dites mais qui se font autrement. Et on voit bien avec une certaine représentativité dans les médias des Noirs, des Maghrébins et des Asiatiques ; c’est bien un racisme larvé. Si on voit que dans la politique française, on ne peut pas mettre au premier plan des Noirs, c’est bien qu’il y a un racisme qui est présent. Pour cela, ils (les Français) trouvent toujours des concepts comme la diversité et autre pour masquer les choses, mais nous on ne voit pas comme ça, d’autres ne le vivent pas également de la même manière que nous. D’autres comme ceux des quartiers populaires le vivent de façon plus violente encore. A tout cela, il ya également la discrimination à l’embauche, au logement, etc.

Claudy Siar, l’Afrique et les artistes africains
C’est difficile parce qu’on parle à la fois d’un continent et vous me demander de faire une comparaison avec des individualités. Pour moi, l’Afrique est certainement une des terres où les artistes ne sont pas seulement les plus talentueux (parce que ça ne veut rien dire), mais les plus présents dans la vie et dans le quotidien des gens parce que leurs chansons sont porteuses de ce que vivent les gens, à savoir : les joies, les désespoirs, les larmes, les révoltes, les colères du peuple. Et ça, je ne connais sur aucun autre continent. Sur le continent noir-américain, la musique est devenue un tel business que finalement ils (les Afro-Américains surtout d’ailleurs) sont prêts à chanter n’importe quoi juste pour se faire de l’argent. Ils nous relatent leurs ébats sexuels, ils insultent les mères des gens dans leurs chansons, ils parlent de violence à base de pistolets et pour finir, ils montrent nos femmes comme des prostituées dans leurs clips, des femmes qui se vautrent sur eux. Toujours à bords de jolies voitures pour mettre en exergue l’argent, même si j’aime moi aussi les belles voitures (Rires). Vu tout cela, c’est pourquoi je dis que l’Afrique a quelque chose de fort et d’humain à défendre dans le domaine culturel et surtout musical. Quand je vois que de temps en temps l’on succombe à cela, ça me pose un problème.

Claudy Siar et les femmes
C’est vrai, j’ai deux filles qui ont presque 11 et 15 ans. J’ai eu des femmes dans ma vie et j’ai connu des hauts et des bas comme tout homme.

Par ATSE N’CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/13/siar/index.htm

QUAND TIKEN JAH FAKOLY SE FAIT PORTE-PAROLE D’UN CONTINENT

 

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Le reggae de Tiken Jah Fakoly pourra désormais se lire. Pour qui connaît Tiken Jah Fakoly, le reggaeman ivoirien n’a pas la langue dans la poche. Il se considère "Artiste sans frontières" surtout quand il s’agit de défendre l’Afrique, où ailleurs. Il a été toujours constant dans sa façon de dénoncer les problèmes qui minent le continent dit berceau de l’humanité. C’est dans cette optique qu’est né un livre autobiographique "L’Afrique ne pleure plus, elle parle".

Cet ouvrage de 150 pages est l’œuvre de Frédérique Briard, journaliste à l’hebdomadaire Marianne et spécialiste des musiques africaines. Cette journaliste française a suivi Tiken Jah depuis plusieurs années et a été de ses nombreux voyages, notamment en Afrique, et contribue ainsi à donner un sens au parcours de l’artiste.
"L’Afrique ne pleure plus, elle parle", relate et éclaire le parcours du griot ivoirien à la lumière de ses albums, d’anecdotes et de photographies. Un véritable "Cours d’histoires" sur ses origines, sa vie d’artiste et de défenseur du continent et surtout du pays mandingue dont il est originaire.

Dans ce livre également, le descendant du grand chef de guerre Fakoly Kumba Fakoly Daba se fait aussi défenseur de la cause des femmes. Avec un regard personnel et critique sur le niveau social, Tiken met la femme dans le rôle de libératrice du continent noir. Dans son dernier album, L’Africain, il leur consacre un titre à cet effet en disant « Non à l’excision ».

Si le Rasta-rebelle a toujours revendiqué sa volonté d’éveiller les consciences, récemment invité au Sénégal pour un concert, il en est ressorti persona non grata et interdit de séjour pour avoir critiqué et le Président Wade et son fils, Karim.

L’homme qui se veut le porte-parole d’une Afrique combative ne veut pas seulement procéder par la parole pour véhiculer son message. Même si son œuvre vient ainsi combler un vide tout en privilégiant l’histoire du pays mandingue, le reggae de Tiken Jah Fakoly ne sera plus seulement chanté, mais pourra désormais se lire. « Pour la première fois un ouvrage – riche de multiples anecdotes et de photographies inédites – éclaire le parcours de Tiken. A travers son histoire personnelle et le sillon de ses albums, c’est une autre Afrique, optimiste et conquérante, qui prend résolument la parole », soutient Frédérique BRIARD, l’auteur du livre.

Publié par les Editions Arènes, à Paris, l’ouvrage sera disponible dans toutes les librairies Fnac et Virgin en France, Suisse, Belgique et au Canada francophone, dès le 10 avril 2008. Il comporte 150 pages quadri-reliées et sera vendu à 20 € (13 000 F CFA)

Par ATSE N’CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/13/tiken/index.htm

 
3/2/2008

JULIA CHANNEL (EX-STAR DU CINÉMA X) : J’ASSUME MA VIE

 

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Icône du cinéma X, Julia Channel est cette jeune métisse, née de père malien et de mère normande qui explosait les écrans au début des années 90. Aujourd'hui, reconvertie à la chanson et à l'écriture, ce mélange de la beauté et de l'animalité nous parle de sa vie et de son livre à paraître dans quelques jours dans les librairies, publié aux Editions Blanche.
Pour son premier anniversaire, c'est le cadeau que vous offre votre magazine préféré. Ecoutons-là !

Cela fait environ 15 ans que vous avez abandonné la pornographie, alors comment vous identifiez maintenant ? Julia Channel, la chanteuse, l'Animatrice télé ou l'écrivaine ?
C'est un peu de tout de moi. D'abord chanteuse, parce que ça fait plus de 10 ans que je fais de la musique, même si je n'ai pas encore sorti d'album mais c'est un projet en cours. Aussi animatrice parce que j'ai travaillé à la télé dans les années 94-95. J'ai animé et présenté des émissions sur des chaines de télévision ici en France comme dans d'autres pays. Ecrivaine juste pour ce livre, car je ne sais pas si j'écrirai encore d'autres. En un mot, je me définis un peu de toutes ces casquettes, car de toute façon, je n'ai jamais fait et ne sais pas faire une seule chose. J'aime la musique, le cinéma et tout ce qui est artistique. Si demain, je dois choisir une seule activité, ce sera la musique, car c'est la chose qui me passionne.

Parlant de musique, où en êtes-vous avec la sortie de votre album et quels sont vos genres musicaux ?
Pour l'instant, je suis au stade de création. Les genres musicaux que j'écoute le plus sont le RNB, le jazz et le new soul. Je n'écoute pas un style de musique. Il y a donc tout ce mélange dans ma création et une cohérence entre tous les morceaux. Pour l'instant, je suis contente de ce que j'ai fait et ça me ressemble ; comme mon livre également.

Alors comment vous est venue l'idée d'écrire un livre sur votre vie et pourquoi maintenant ?
En fait, l'idée m'est venue, il ya 6 ans de cela. Il faut dire qu'au début, je ne me sentais pas prête psychologiquement à me dévoiler autant, car il y a cette période de mon enfance que je n'ai pas complètement digérée. Tout ce que j'avais noté et écrit sur ma vie à l'époque, je l'ai jeté à la poubelle. Et puis pour écrire, ça demande vraiment un don de soi. C'était vraiment difficile pour moi d'en parler et je ne pouvais pas en parler sans avoir les larmes qui me montent aux yeux. C'est quand ma fille est née que l'idée d'écrire un livre à commencer à me trotter par la tête. Et je me suis dit pourquoi pas ? Ce sera faire un bon cadeau à ma fille car c'est la seule manière de lui expliquer tout. L'idée a donc mûri. Alors pour débuter, j'ai commencé par écrire des choses qui me venaient en tête. Quand Corinne (Corinne Rousset, la journaliste qui l'a aidée à écrire le livre, NDLR) est venue me voir je ne me sentais pas prête. Quand j'ai donné mon OK, nous nous sommes lancées à la recherche d'informations, car il y avait des choses que j'ai oubliées et il fallait que je m'en souvienne. Il m'a fallu donc faire un gros travail de mémoire c'est-à-dire aller chercher mes souvenirs qui remontent de quatre à cinq ans en arrière. Corinne est donc allée interviewer mes proches, mes parents et mes amis pour avoir toutes les infos nécessaires à la confection du bouquin. Après nous nous sommes mises ensemble pour écrire le livre. Cela nous a pris deux ans de travail.

Pensez-vous que votre fille sera à même d'accepter un tel cadeau ?
Je ne sais pas mais de toute façon j'ai écrit ce livre pour elle. Elle n'a pas le choix car c'est une partie de ma vie, la vie de sa maman. Je pense que c'est le bon moment pour elle de tout savoir sur ma vie à travers ce livre. Je ne sais vraiment pas à quel âge ça se fera parce que ça dépendra de sa maturité. Peut-être qu'elle le lira à 18 ans, peut-être à 20 ans, peut-être même à 25 ans, ça je ne sais pas. Elle l'aura ce livre peut-être enfermé dans une boîte que je lui dirai et, le jour qu'elle sera prête et qu'elle me fera la demande ; alors je lui dirai en quelque sorte : «  Tu peux ouvrir ton cadeau ». Pour cela, je veux vraiment qu'elle soit prête à tous les niveaux car ça finira par se savoir au fil des années.

A quoi répond ou renvoie le titre « L'Enfer vu du ciel » ?
C'est moi qui l'ai trouvé, ce titre. Pourquoi L'Enfer ? Ça paraît peut être un peu fort mais quand on le lit on le comprend aisément. Pour moi, L'Enfer, c'est d'abord cette période douloureuse de mon enfance ; la mort de mon frère, sa crémation. C'est aussi un lien avec le feu, les flammes, l'incendie qui a ravagé mon appartement à Paris. Pourquoi vu ciel ? Moi, j'ai toujours pris du recul par rapport à ce qui m'arrivait. C'est une sorte de petit ange qui est dans le ciel et qui regarde sa vie avec beaucoup de recul. C'est une très belle image. Le ciel, c'est très beau et puis l'enfer c'est quelque chose de pas joli. C'est donc une harmonie entre quelque chose de très beau et de pas beau en même temps qui résume bien ma vie. Beau, parce que je m'en sors toujours bien quelles que soient les épreuves. Ce sont tous les gens qui sont autour de moi. Dans le beau, il y a aussi la naissance de ma fille, l'amour de la vie qui est très présent. Pas beau, pour parler de toutes ces épreuves par lesquelles il faut passer à chaque fois. C'est donc une vie très forte, très riche avec beaucoup de recul sur pleine de choses.

Est-ce que vous regrettez votre vie au passé ?
Ah, Non ! Pas du tout ! Je dis des fois qu'il ya peut-être des choses que j'aurais pu faire différemment. Mais je ne voudrais absolument pas parce que cela m'a procuré une vie très riche et ça m'a rendue très forte car il ya trop peu de choses qui peuvent m'ébranler maintenant. J'assume ma vie du passé.

En lisant votre livre, je comprends qu'il est adressé à trois personnes si je ne m'abuse : d'abord à votre fille Jayanti, ensuite à votre frère aîné Laurent (décédé par suicide) qui pour moi sont les deux personnages de votre vie et enfin contre votre mère que vous qualifiez de « honte de mère alcoolo » dans une de vos pages. Que répondez-vous à ce sujet ?
C'est vrai que le livre est adressé à ma fille, en même temps que je rends un hommage à mon frère décédé. Un livre contre ma mère ? Non, pas du tout ! Pas contre ma mère. C'était impossible, car j'ai toujours protégé ma famille et je le ferai toujours. Ce n'est pas un livre revanchard non plus pour me venger de quoi que ce soit. Quand je dis "alcoolo", dans mon mental, je n'arrivais pas à utiliser le mot "alcoolique" parce que, pour moi, c'est un mot fort qui est très médical. Moi, en rigolant avec mes copines pour parler de ma mère, j'ai toujours préféré "Alcoolo", parce que c'est moins fort et encore plus mignon. Si je n'avais pas vécu tous ces faits, je ne serai pas ce que je suis aujourd'hui.

Dans la première partie du livre, vous titrez en chapitre 4 « Telle mère, telle grand-mère ». N'avez-vous pas peur de voir se vérifier le proverbe « telle mère, telle fille » auprès de votre fille ?
Si c'était Telle mère, telle fille, je dirais oui et j'aimerais beaucoup que ce soit dans certains domaines. Et c'est d'ailleurs ce qui est en train de m'arriver au niveau du caractère, parce que ma fille, à son âge, est déjà très affirmée et elle fait ce qu'elle veut. Donc, si elle prend ce côté déterminé de moi ainsi bien de quelqu'un qui a de la compassion, je suis très ravie. Pas contre, il ne faudrait pas qu'elle prenne la même carrière que moi. S'il arriverait qu'elle embrasse cette voie, je pourrai la mettre en garde sur les difficultés de ce métier. Mais, en tous les cas, c'est sûr et j'espère qu'elle fera autre chose. J'espère lui donner les bons repères pour qu'elle n'ait pas l'envie de faire cela. Moi, les repères, je n'en ai pas vraiment eus. Je ne savais pas ce qui était bien et pas bien et je me suis lancée là-dedans. C'est encore plus difficile quand on n'a pas de modèle.

Qu'attendez-vous du public en découvrant votre vie antérieure par la lecture de votre ouvrage ?
J'attends qu'il aime mon livre et qu'il soit beaucoup plus tolérant. Je pense que c'est cela surtout, mais après qu'il aime mon histoire ou pas, ça c'est leur choix. Mais, ce que je voudrais qu'on retienne, c'est la tolérance et de ne pas juger les gens sur leur métier, leurs origines, leur religion. Voilà ce que j'attends et qu'il me voie différemment aussi. Si tel n'est pas le cas, ce n'est pas grave. J'ai écrit mon livre, j'en suis très heureuse et maintenant, je passe à autre chose.

Comment arrivez-vous à penser que vos parents vous ont laissée dans la voie de la pornographie sans rien dire et pourtant ils savent toute votre histoire ?
C'est parce que c'est très difficile quand on est une grande fille majeure. S'ils m'avaient dit quoi que ce soit, moi j'aurais fait mes choix et ça n'aurait rien changé. Peut-être en même temps, ils se disent qu'il y a beaucoup de choses qu'ils n'ont pas faites et qu'ils se sentent un tout petit peu responsables. Je ne sais pas mais ça, c'est quelque chose où il n'y a jamais eu d'explication. Dans tous les cas, malgré le choix que j'ai fait, ils sont quand même fiers de mon parcours et de ce que je suis.

Vous avez beaucoup voyagé à travers le monde en côtoyant les grandes stars grâce au porno. Aujourd'hui vous avez une fille que vous adorez et vous publiez un livre sur votre vie. Quand vous faites un bilan de tout ce parcours, que voulez-vous que les gens retiennent de vous et quels conseils pourriez-vous laisser à vos jeunes frères et s--urs qui envisagent d'emprunter cette voie ?
Je pense que c'est bon bilan finalement parce que j'ai eu beaucoup de chance et suis passée à côté de beaucoup de choses, comme le SIDA. J'ai aussi eu la chance de voyager partout dans le monde en rencontrant d'autres cultures dont je rêvais de rencontrer. J'ai vu le monde et suis même allée voir de très près la maladie au CONGO. Au niveau de ma carrière, j'ai rencontré des gens et fait tout ce qui me passionnait. Comme bilan également, je suis arrivée à ce dont je rêvais, c'est-à-dire avoir un enfant pour clôturer cette première partie de ma vie. En un mot le bilan n'est pas si mauvais, car les gens continuent de me suivre depuis le début, de savoir encore sur ma vie, ils sont curieux en quelque sorte.
Pour les conseils, je ne pourrais vraiment pas les donner, car beaucoup de choses ont changé ; et moi-même, je ne sais plus comment ça se passe aujourd'hui. Maintenant pour ceux ou celles qui veulent le faire, il faut être vraiment sûr quand on veut le faire. Il leur faut un mental fort, car c'est une image qui nous suit à vie. Moi, je ne me vois pas le conseiller à quelqu'un.

Quelque part, ce n'est pas la peur de contracter « l'horrible maladie » qu'est le SIDA qui vous a amené à abandonner le cinéma X ?
Ah oui ! C'est complètement cela. J'ai eu vraiment une peur atroce. Il y a des gens qui n'ont pas cette peur, mais moi, c'est quand je suis partie en Afrique, au Congo-Brazzaville pour faire un reportage sur cette maladie que j'ai pris la ferme décision d'abandonner totalement le porno. Moi, je me suis dit, plutôt que de choisir une carrière, j'opte pour une vie. Et voilà, je ne regrette pas.

Des projets en vue ?
En ce moment, c'est la sortie du bouquin et c'est cela qui va me prendre plus d'énergie et de temps. Et puis là, je continue toujours à travailler mes morceaux pour l'album. C'est aussi un projet important. Aussi, depuis plus d'un an, je travaille à Londres (Angleterre) où je fais des interviews à des joueurs qui évoluent dans les clubs anglais comme Drogba et tous les autres… Tout cela pour le magazine Live Night and Day.

Pour terminer, vous vous sentez désormais mieux dans votre peau avec la publication de votre livre ?
Je pense que c'est très psychologique et puis d'un autre côté, je me suis dit que ça doit être le moyen de tourner vraiment une page et me sentir vraiment plus léger. C'est aussi le moyen de ne pas cacher les choses car je suis quelqu'un qui n'aime pas cacher les choses.

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Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/12/julia/index.htm

L’ENFER VU DU CIEL : LES CONFESSIONS DE JULIA CHANNEL

 
 

L'enfer vu du ciel, ce n'est pas ce documentaire diffusé sur les chaines de télévision françaises montrant la dégradation de notre écosystème, ni les incendies californiens vus de l'espace par les satellites de la Nasa aux Etats-Unis. Cet Enfer vu du ciel n'est rien d'autre que le livre autobiographique de Julia Sow (à l'état civil) devenue Julia Channel par la force des choses ; cette icône du cinéma X au début des années 90.

Un livre bien réfléchi et qui vient à point nommé au moment où la reconversion s'avère difficile pour cette jeune métisse née d'un père malien et d'une mère normande. Mais pourquoi un tel titre ? Juste pour s'autocensurer ? Je crois que non ! Julia a toujours rêvé de devenir star quel que soit le chemin emprunté, même celui qui mène à… l'Enfer.

L'enfer pour Julia, c'est d'abord un peu sa mère alcoolo. Celle qui disparaît un jour de la maison pour rentrer quatre jours plus tard sans rendre de compte à qui que ce soit. L'enfer, elle le verra également quand son frère aîné Laurent, son ange gardien se donne la mort en se jetant de sa fenêtre, au septième étage de son appartement pour terminer totalement sa vie dans une crémation au cimetière de Père-Lachaise. Enfin, l'enfer pour l'ex-jeune fille du 9-3 reste l'incendie (Cf. L'incendie purificateur, un chapitre du livre) de son chouette appartement dans la rue Rochefoucauld du 9è arrondissement de Paris, portant tout son "butin de sexe" en fumée pour laver toute cette saleté originelle, cette souillure de sa vie qu'est le porno.

Sa vie n'étant pas un long fleuve tranquille, elle a quitté, à l'âge de dix-huit ans, la France loin des regards des amis et parents, dans la ferme intention de conquérir l'Amérique. Cela a été un pari gagné, car après seulement quelques films réalisés, elle s'est retrouvée propulsée au rang de star par les plus grands noms du X que sont : Rocco Siffredi, Andrew Blake, Zara White, Christophe Clark, Marc Dorcel, Mario Salieri… Ses prestations très remarquées lui ont valu en 1998, un Hot d'Or d'honneur.

Et ses parents dans toute cette vie ? « Mes parents n'ont jamais rien dit et pourtant ils savent toute mon histoire », écrit-elle en fin de partie dans son livre.
Comme dit-elle, en amour on ne se raisonne pas, mais cette fois-ci Julia Channel a su tourner le dos à cette première partie de sa vie. Elle est aujourd'hui mère d'une petite fille de 4 ans à qui elle dédie ce livre publié aux Editions Blanche et dont la sortie est prévue pour le 13 mars prochain.

L'Enfer vu du ciel c'est le livre-témoignage dans lequel Julia Channel, sans faux-fuyant, s'apprécie, s'ouvre totalement et s'assume avec responsabilité. Un livre à consommer sans tabou, ni modération.

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

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ANGÉLIQUE KIDJO : ENFIN, LE GRAMMY AWARD EST LA !

 

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Après plusieurs nominations à chaque sortie de ses albums, Angélique Kidjo vient enfin de remporter son premier Grammy dans la catégorie du meilleur album de musique du monde contemporain à la 50ème cérémonie annuelle des prix Grammy avec son opus "Djin Djin". Cela se passait le 10 février dernier au Staples Center de Los Angeles, aux Etats-Unis.

En guise d'information, les Grammy Awards sont des récompenses (dont rêvent tous les artistes du monde) décernées chaque année aux États-Unis par la Recording Academy (L'Académie des maisons de disques) et qui honorent les meilleurs artistes et les meilleurs techniciens dans diverses catégories du domaine de la musique.
Pour cette année 2008, la palme d'or des Grammy est revenue à la chanteuse britannique Amy Jade Winehouse qui remporte deux prix : le Prix de la Meilleure chanson de l'année (Song of the Year) pour son titre « Rehab » et celui de la Meilleure chanteuse pop ou de variété (Best Female Pop Vocal Performance).

En ce qui concerne Angélique Kidjo, pour ceux qui la connaissent et la suivent depuis ses débuts, l'on peut se réjouir de ses bonds qualitatifs à chaque sortie de ses albums qui ont toujours obtenu l'assentiment des mélomanes. Cette diva dont les influences musicales sont l'afro beat, le zouk, la rumba congolaise, le jazz, le Gospel et la musique latine a su allier la culture traditionnelle vaudoue aux rythmes occidentaux.

Après plusieurs prix à son actif dont le prix Octave RFI (1992), le Prix Afrique en Création (1992), Danish Music Awards : Best Female Singer (1995), la Kora Music Awards : Best African Female artist (1997) et Mobo Awards (2002), le Grammy Award est la plus célèbre distinction qui vient couronner les prouesses de la chanteuse béninoise après avoir été nominée dans cette même récompense pour le meilleur vidéo clip en 1995 et pour le meilleur album de musique du monde en 1999 et 2003.
Très émue, la promotrice de la culture vaudoue a dédié son prix à ses parents au Bénin, au continent africain, particulièrement aux femmes du Darfour, aux femmes qui se battent toujours pour donner à leurs enfants une éducation.

Réalisé par la référence Tony Visconti et enregistré à New York chez Odeon records, "Djin Djin" est le onzième album d'Angélique Kidjo qui s'est vu convier pour sa réalisation des « sorciers » de toute la planète musique que sont Peter Gabriel, Josh Groban et Carlos Santana, Ziggy Marley, Alicia Keys, Branford Marsalis, Joss Stone et Amadou et Mariam.
Angélique Kidjo est auteur, compositeur et interprète, mais aussi ambassadrice de bienfaisance de l'UNICEF.

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

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Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/12/kidjo/index.htm

2/1/2008

SORTIE DE LIVRE : AMINATA TRAORE NOUS RACONTE "L’AFRIQUE HUMILIEE"

 

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Aminata Dramane Traoré est une femme politique et écrivain malienne, née en 1947 à Bamako (Mali). Intellectuelle engagée, elle a été Ministre de la Culture et du Tourisme au Mali sous la présidence d'Alpha Oumar Konaré. Connue comme étant l'une des principales figures de l'altermondialisme africain, la Malienne se bat sur tous les fronts : OGM, coton, privatisations, préservation du patrimoine culturel, actions de proximité...

Après Lettre au président des Français à propos de la Côte-d'Ivoire et de l'Afrique en général publié en 2005 où elle analyse les crises africaines particulièrement celle déclenchée en septembre 2002 dans son « pré carré », L'Afrique humiliée est son dernier livre réquisitoire qui met à nu les rapports entre la France et ses ex-colonies en Afrique à la lumière de la mondialisation et de la globalisation.

Dans L'Afrique humiliée, Aminata Traoré dénonce la responsabilité particulière de la France et de la mondialisation libérale dans les crises africaines et « s'en prend très directement au désormais célèbre « discours de Dakar » de Nicolas Sarkozy, mais aussi à Brice Hortefeux (Ministre français de l'Immigration) et à Erik Orsenna, dont elle n'a guère apprécié le chapitre malien de Voyage aux pays du coton », nous raconte Jeune Afrique du 2 décembre 2007.

Le propos est donc sans détour, comme le constate par le résumé du livre par l'auteur lui-même :
« Nous, peuples d'Afrique, autrefois colonisés et à présent recolonisés à la faveur du capitalisme mondialisé, ne cessons de nous demander : que sommes-nous devenus ? Les pays riches ont peur de notre présence quand elle n'est pas susceptible d'ajouter à leur avoir, peur de nos différences quand elles sont trop visibles. Inutiles, les nouveaux naufragés entassés sur des embarcations de fortune, supposées les conduire vers la terre ferme de l'Europe. Invisibles, les désespérés qui traversent l'enfer du désert. Indésirables, ceux qui, menottes aux poignets, sont reconduits dans leur pays d'origine. Mais l'humiliation du continent africain ne réside pas uniquement dans la violence, à laquelle l'Occident nous a habitués. Elle réside également dans notre refus de comprendre ce qui nous arrive. Car il n'y a pas d'un côté une Europe des valeurs et du progrès et de l'autre une Afrique des ténèbres et des malheurs. Cette vision, que certains d'entre nous ont tendance à intérioriser, vole en éclats dès l'instant où l'on touche du doigt les mécanismes de la domination, de la paupérisation et de l'exclusion. Le défi auquel nous faisons face aujourd'hui, c'est d'imaginer des perspectives d'avenir centrées sur les êtres humains. Une réappropriation de nos destins qui fait appel à nos langues, à nos repères, à des valeurs de société et de culture qui nous sont familières ».

Préfacé par l'auteur de L'Aventure ambiguë, l'écrivain et homme politique sénégalais Cheikh Hamidou Kane, L'Afrique humiliée est le dernier essai d'Aminata Traoré publié chez Fayard, en janvier 2008.

Ses Ecrits :

2008 : L'Afrique humiliée, Edition Fayard
2007 : L'argent : en avoir ou pas : Les Rendez-vous de l'Histoire, Blois 2006, Édition Pleins feux
2005 : Lettre au président des Français à propos de la Côte-d'Ivoire et de l'Afrique en général, Édition Fayard,
2002 : Le Viol de l'imaginaire, Édition Fayard,
1999 : Mille tisserands en quête de futur. Bamako: EDIM.
1999 : L'Étau. L'Afrique dans un monde sans frontières, Édition Actes Sud.

 

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

DAVID MONSOH (PRODUCTEUR D’ARTISTES) : PORTRAIT D’UN JEUNE FAISEUR DE STARS

 

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Tout a commencé pour ce jeune natif d'une famille de 20 enfants dans les années 90 quand, étant au lycée à Agboville (sa ville natale située au sud de la Côte d'Ivoire), il fit la connaissance de sa « soeur » Nayanka Bell, une des plus belles voix féminines d'Afrique. Le courant entre les deux passe si bien et si vite à tel point que la chanteuse ivoirienne décide de lui confier la gestion de son magasin de couture, en tant qu'Agent administratif. L'année d'après, la diva ivoirienne propose d'emmener le jeune homme en France pour y poursuivre des études au Lycée Saint-Gabriel, à Bagneux (92), en région parisienne. Après le lycée, l'homme s'oriente vers le Tourisme et les Loisirs pour préparer un BTS au CESG de Paris. De par sa formation en alternance, il intègre la société de production cinématographique SLP de Monsieur Pascal Leibel, le mari de Nayanka Bell, en tant que stagiaire.

Parallèlement à ses études, David Monsoh s'occupe du côté management de l'album Visa de Nayanka, sorti en 1994 et qui obtint l'Africa Music Award. La même année, elle fut consacrée La plus belle voix féminine d'Afrique lors de la remise des Trophées des Lions d'or à Paris. Ce côté Manager donne de l'aile à David qui décide de s'essayer dans un autre domaine du showbiz, à savoir : la production d'artistes.

C'est ainsi que dans les années 89-90, il fait la connaissance de Gadji Céli, le footeux-capitaine chanteur des Eléphants de Côte d'Ivoire. David voit toute suite en l'homme une certaine qualité de chanteur et non des moindres. Gadji Céli, également, loue ses services de Manager. Et quand, en 1992, le capitaine des Eléphants décide de mettre fin à sa carrière de footballeur après avoir remporté la Coupe d'Afrique des Nations, David Monsoh le récupère et le booste à se convertir à la musique. Toute suite, entre les deux, un « deal » est scellé : le jeune David co-produit le tout premier album « Espoir » sorti en 1994 du Footballeur devenu chanteur, avec le titre phare « King Solo ». Ce premier test dans la production s'avère réussi, car l'album reçoit un grand succès au niveau du public.

Alors, David intègre SONODISC, une des grandes maisons de distribution de disques à Paris où Monsieur Marcel Perse, le DG d'alors lui confie le poste de Directeur artistique Afrique de 1994 à 2004. Son rôle : dénicher de nouveaux talents africains en vue de faire leur markéting à travers la structure. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, il propose le nouvel album de Gadji Céli à la maison de distribution, qui l'accepte. En cette période-là, il se rappelle comme si c'était hier : « C'est par "King Solo" de Saint-Jo (Gadji Céli) qu'on a commencé par jouer de la musique africaine dans les boîtes de nuit. Comme l'artiste faisait un genre musical méconnu qui plaisait aux mélomanes de la métropole et que j'ai baptisé "Afro-zouk", ça a tout de suite pris ».

En 1995, le jeune chroniqueur de musique africaine fait la rencontre de Koffi Olomidé. Avec lui, il co-produit deux de ses albums ; « Effrakata » en 1996 et « Affaire d'Etat » en 1998. Ces deux opus permettent à Koffi Olomidé de gagner la confiance de la maison de distribution qui le réintègre grâce au soutien de David. Il devient en même temps son producteur exécutif.

1999, Magic System sort "1er Gaou" en Côte d'Ivoire. Le succès inattendu de l'album conduit Monsoh à le faire distribuer en France par sa maison en 2000. C'est le coup de pouce qui aura un effet positif pour le groupe quand on sait aujourd'hui qu'il est le groupe zouglou ivoirien le plus sollicité en Europe. Dans cette même période, le faiseur de stars multiplie les spectacles à Paris avec à l'affiche les artistes ivoiriens et antillais tels Petit Yodé & L'enfant Siro, Les Garagistes, Dezzy Champion, Jocelyne Labille, Shadee, Meiway, Sonia Dersion et sans oublier le King Gadji Céli qui a quelque part contribué à son ascension dans le showbiz. « Gadji Céli est celui-là même qui a mis en moi le virus de la production d'artistes. D'abord, il m'a fait confiance en tant que son manager général, puis en tant que le producteur attitré de tous ses albums : Espoir, en 1994, Affaires de femmes, en 1996 puis Femme de feu, en 2000. Je ne cesse de le remercier d'avoir cru en moi », avoue le jeune producteur.

En automne 2002, au cours d'une prestation de Gadji dans un night club parisien, il est frappé par un nouveau style de danse mis en place par un groupe de jeunes ivoiriens. Sans hésiter, David les approche et leur propose de vulgariser ce qu'ils viennent de démontrer avec les concepts de « décaler, décoller, travailler », sur fonds musical. « Quand je les ai approchés pour leur en parler, Douk Saga et ses copains ont posé un refus catégorique, parce que, me disent-ils, qu'ils n'étaient pas chanteurs et qu'ils ne veulent pas entrer dans cette chose-là. Alors, je demande à Lino Versace de convaincre son ami Douk Saga de venir me voir, car je veux faire un truc pour lui et je suis sûr qu'il va rentrer en fanfare à Abidjan avec cela », se souvient David.

C'est ainsi qu'en 2003, « Le sommet des sommets » finit par accepter de rentrer en studio avec ses amis pour montrer aux mélomanes leur nouveau concept qu'est le Coupé décalé, devenu très en vogue. Une fois encore, le nom de David Monsoh est colporté jusque dans les boîtes de nuit ivoiriennes. Les Disc Jockeys comme Arafat, Erickson le Zoulou et quelques membres de la Jet Set (Bôrô Sanguy, Lino Versace) font désormais partie de son écurie.

Bosseur infatigable et « businessman effréné », le jeune mécène casse sa tirelire pour jeter son dévolu sur la musique congolaise qu'il a toujours adorée. Son choix se porte sur Fally Ipupa, un jeune chanteur qu'il a connu dans les années 97-98 avec le groupe « Talent Latent » produit par Syllart Production. « C'est moi qui ai présenté Fally Ipupa à Kofi Olomidé en lui disant d'apprendre avec lui et son Quartier Latin et que je le produirai plus tard ».

Comme une prophétie, Fally suit les conseille du faiseur de stars et, en 2006, celui-ci produit son premier album solo « Droit Chemin ». C'est le coup d'éclat total, car l'album s'est révélé comme étant un best-seller et la jeune étoile montante du N'dombolo ne cesse de multiplier les concerts en Europe et en Afrique.

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Aujourd'hui, inscrit à la Société civile des Producteurs de Phonogrammes en France avec sa maison de Production OBOUO Music, spécialisée dans l'édition phonographique et les montages vidéo, David Monsoh est incontestablement l'un des producteurs d'artistes africains les plus célèbres. A entendre scander son nom dans toutes les chansons est quelque chose de notable. Sa structure basée à Londres avec un bureau sur l'Avenue des Champs Elysées à Paris, David Monsoh, le jeune mécène faiseur de stars, est toujours entre deux avions à la recherche de contrats pour ses artistes. A 34 ans, il est marié et père de trois enfants dont deux garçons et une fille.

 

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/11/monsoh/index.htm

ROSELYNE BELINGA (CHORISTE, AUTEUR-COMPOSITEUR) : "L’OUVERTURE CULTURELLE EST UNE GRANDE RICHESSE"

 

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Jeune femme africaine en phase avec la génération musicale précédente pour avoir prêté sa voix à certains de ses aînés, Roselyne Belinga, chanteuse camerounaise, auteur-compositeur, est favorable à l'ouverture et au partage des cultures. Sur scène, elle n'oublie jamais d'emporter avec elle ses racines africaines, ses influences jazz et gospel et surtout sa poignée d'émotion. 100%culture l'a rencontrée après sa brillante prestation au Casino de Paris lors des 15 ans d'Africa N°1 Paris. 

Comment doit-on présenter Roselyne Belinga au public tout court ?
Ce n'est pas facile de se présenter soi-même. Je dirais simplement que je suis une artiste africaine pluridisciplinaire, à la fois auteur, compositeur, interprète, styliste et artiste peintre.  

S'agissant de musique, parlez-nous de votre univers.
Je prépare un projet Afro-Soul, un mélange d'influences qui m'ont toujours accompagnée dans ma quête musicale. Ayant appris à chanter à l'adolescence sur du gospel, du r&b et de la soul, qui trouvent d'ailleurs leurs origines dans les cultures africaines, je m'exprime aujourd'hui dans un style, naturellement teinté de sonorités africaines auxquelles je tiens fortement.

On vous reconnaît en tant que choriste au sein de certains groupes ou pour des artistes qui se présentent en spectacle, alors pourrait-on dire que vous êtes plus choriste que chanteuse ?
Assurément chanteuse en tant qu'auteur-compositeur, mais aussi choriste lorsqu'une partie de mon travail me le demande. Car collaborer avec d'autres artistes est pour moi, non seulement un plaisir de partager et d'apprendre, mais aussi mon soutien et ma contribution vocale à leur projet. Cependant en tant qu'artiste individuelle, c'est important de savoir se détacher et prendre du recul.

Comment vous êtes vous sentie lors des 15 ans d'Africa N° 1 Paris en chantant au sein d'un groupe sélectionné pour la circonstance, surtout aux côtés de musiciens aguerris que sont Manu Dibango, Lokua Kanza, Meiway, Koffi Olomidé, Papa Wemba, etc. ?
J'en garde beaucoup d'émotions, car pour moi c'est une main tendue, pas seulement à moi, mais à une génération plus jeune. C'est un passage de témoin, un geste très fort. Je dirais une sorte d'exposition à un public destiné aux « Maîtres », aux « baobabs » de la musique africaine. Je ne serai jamais assez reconnaissante à l'égard de Manu Dibango et Lokua Kanza pour leur confiance et l'opportunité qu'ils m'ont offerte. J'en profite aussi pour dire que l'initiative d'Africa N°1 était magnifique et mémorable, à savoir : celle de réunir des artistes africains de plusieurs générations sur une même scène, le Casino de Paris. Ce jour-là, j'ai eu la chance d'interpréter « Yaoundé » un titre que j'ai composé en hommage à ma ville natale et, par extension, à l'Afrique.

Comment s'est faite pour la première fois  votre rencontre avec Lokua Kanza que vous admirez tant?
J'ai rencontré Lokua Kanza lors d'un concert où je chantais en tant que choriste pour un artiste. A la fin de notre prestation, il m'a félicitée et m'a proposé de faire des essais vocaux en studio. C'est ainsi que je me suis jointe aux différents artistes qui ont travaillé dans son album en préparation. J'en suis très honorée.

Qu'est-ce qui fait la longue attente de la sortie de votre album avec le titre « Sa Saveur » que l'on écoute sur votre page MySpace ? Est-ce à dire que vous n'êtes pas encore prête à délivrer toute seule votre premier opus ?
En toute chose, j'aime prendre mon temps, surtout de mûrir ce projet. Ça prendra le temps qu'il faudra à partir du moment où celui-ci sera sincère, le reflet de ce que j'ai envie de partager avec le public. Quelque part c'est aussi une question de moyens et de production particulièrement, car un projet musical ne se fait pas seul. Il m'arrive parfois de troquer mes services contre des séances de studio.  

Que représente pour vous la guitare qui, pour moi, est un instrument fait pour homme à cause de sa forme féminine ?
La guitare n'est pas seulement l'affaire des hommes. C'est un très bel instrument qui me parle personnellement et qui a une certaine acoustique émotionnelle. Je la trouve très en accord avec mon timbre vocal et je me sens proche d'elle pour avoir écouté et m'être familiarisée à la musique acoustique. 

 


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Pour parler d'un autre volet de votre art, pouvez-vous nous dire ce que c'est que « Parures Nomades », concept présenté sur une de vos pages MySpace et pourquoi le terme "nomade" ? 
« Parures nomades » est une page consacrée à mes créations de bijoux. En tant que styliste, je me suis spécialisée dans la création de bijoux-fantaisies haut de gamme. J'utilise le terme "Nomade" parce qu'il s'agit d'assemblage de matières naturelles, d'exploration de codes, volumes et couleurs d'ici et d'ailleurs, pour mettre en valeur la beauté des femmes. Implicitement aussi, "Nomade" c'est le voyage, le mélange culturel, une forte influence ethnique que je mets en exergue. La rencontre de ma culture avec des méthodes de montage et de finitions contemporaines. 
Artiste graphiste, j'y présente également mes travaux de peinture. Cependant, même si je conjugue avec passion toutes ces formes d'arts, la musique est profondément encrée en moi et représente une réelle vocation. Si je vis de mes créations, je vis également pour la musique.  

Sur votre même page, une de vos amies chanteuses du nom de Kaïssa Doumbè vous a laissé le message suivant : « Salut ma belle Roselyne, C'était un réel plaisir de te rencontrer et de partager la scène avec toi au Casino ! Tu es merveilleuse de talent et de gentillesse...Je te souhaite plein de succès et une belle route musicale ! Amour, paix et lumière », que ressentez-vous face à ces mots?
Je suis très touchée par ce message de Kaïssa. Chaque intention d'encouragement me conforte dans mon choix et me pousse à m'améliorer. C'est un grand plaisir de l'avoir rencontrée et d'avoir vécu ces moments forts à ses côtés. Je l'ai trouvée extrêmement généreuse et aimable, sans parler de son talent....A travers ce message, ça prouve qu'on peut faire des rencontres sincères dans notre parcours. J'espère le meilleur pour elle qui défend nos couleurs du côté des U.S.A.

Vos v--ux pour la nouvelle Année 2008 ?
Je souhaite la paix en Afrique et que les jeunes Africains s'accrochent à leurs rêves parce que c'est nous qui prendrons la relève de nos aînés, de nos parents. Bien sûr que ce n'est pas chose facile, mais si nous nous donnons la main, nous pouvons faire des choses merveilleuses pour notre continent et les valoriser aux yeux du monde.

 

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/11/belinga/index.htm

1/12/2008

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO (CÔTE D'IVOIRE) : “Si vous n'êtes ni sourd, ni aveugle à la corruption et aux rackets, alors faites libérer Assalé Tiémoko Antoine”

 
 Fraternité Matin - N° 12948 du 10.01.2008Notre Voie - N° 2878  du 10.01.2008
 
“Les gens détournent par-ci, détournent par-là, ils font des rackets par-ci, des rackets par-là. Les policiers ont " gâté " leur nom parce que tout le monde les voit. Mais ils ne sont pas les seuls à racketter. Quand tu vas dans un bureau et qu'on te prend l'argent pour faire un papier auquel tu as droit, c'est du racket. On voit tout et on entend…. On entend ici, un tel vole dans la direction qu'on lui a confiée, un tel vole sur la route, mais quand nous volons, c'est nous-mêmes que nous volons. J'entends le peuple gronder, pleurer. Mais il faut que le peuple comprenne que ce n'est pas parce que je ne suis ni sourd ni aveugle. Un chef, il se donne une priorité, ma priorité aujourd'hui, c'est de ramener la paix, ma priorité, c'est de faire les élections qui vont mettre un terme définitif à la crise. Je ne peux pas courir après deux écureuils ", c'est en ces termes que le Chef de l'Etat s'adressait aux populations akyées de yakassé Attobrou le mercredi 9 janvier dernier en se prononçant par ailleurs sur la corruption et le racket que subit la population ivoirienne sous le régime qu'il dirige.
En le disant, le chef de l'Etat confirme vraiment qu'il y a la corruption, l'injustice et des inégalités sociales dans notre pays. C'est ce que combat le jeune ASSALE Tiémoko Antoine à travers son Association “Ma vie est dans ma prise de conscience” (MVPC).

Monsieur le Président, depuis Août 2007, le jeune ASSALE Tiémoko Antoine, par des lettres, n'a cessé d'attirer votre attention sur le phénomène du racket et de la corruption dans certaines administrations de notre pays. Aujourd'hui vous convenez avec lui que toute notre administration est " pourrie ". Or donc, le saviez-vous ? Or donc, entendiez-vous nos grondements, nos pleurs ? Sans doute vous lisez les lettres d'ASSALE Antoine qui est aujourd'hui emprisonné pour ses opinions, parce qu'il n'arrêtait pas de dénoncer ces phénomènes de corruption, d'injustice et d'inégalités sociales qui sévissent visiblement sous le régime que vous dirigez sans même que cela ne vous émeuve. Il vous a également adressé dans une de ses lettres qu' " en Côte d'Ivoire, on connaît le prix de tout et la valeur de rien ", pour juste vous dire qu'on connaît le prix de tous les concours pour entrer dans la fonction publique et qu'on n'a pas besoin de fournir des efforts pour les passer. Il suffit d'avoir ou de réunir la somme que l'on vous demande et vous êtes admis d'office. Ça aussi, tout le monde le sait sous le régime que vous dirigez. Mais savez-vous aussi qu'en dehors des policiers qui ont " gâté leur nom " comme vous le dites si bien, c'est toute notre administration qui est gangrenée ? Ce jeune ne s'était pas arrêté là, car le phénomène de corruption est allé plus loin et a gagné notre justice, le 3è pouvoir de la république, après la Présidence et l'Assemblée Nationale. C'est ainsi que dans une de ses lettres intitulée " la justice, la corruption et les criminels ", (une lettre que je doute fort bien venant de lui, mais allant dans le sens des objectifs de son association, je le dis parce que ASSALE Antoine a toujours assumé la paternité de ses écrits et tous ses écrits et lettres adressés aux différentes personnalités et organes de presse sont encore visibles sur son blog http://antoine-desovy.over-blog.com/ ), le jeune Assalé s'en est pris à l'une de nos institutions qu'est la justice, dénonçant qu' " en dehors de la Direction des affaires pénales et de la Direction des affaires civiles, tous les autres services et hauts cadres de ce Ministère sont corrompus jusqu'à la moelle épinière ". En un mot, " Ces hauts cadres prennent de l'argent aux prisonniers de la prison civile en leur promettant de faire pression sur les juges d'instruction en charge de leur dossier, afin que ces derniers manipulent la procédure et maquillent les crimes en délit pour minimiser leurs peines ". Ça aussi, Monsieur le Président, je suis sûr que vous le savez également car vous n'êtes ni sourd, ni aveugle”.

Si donc, Monsieur le Président, vous n'êtes ni sourd, ni aveugle aux pleurs et aux grondements intermittents du jeune ASSALE Antoine qui croupit depuis la fin de l'année 2007 à la MACA, alors demandez au procureur de la République, Monsieur TCHIMOU Raymond, (car c'est de lui qu'il s'agit en personne) de le faire libérer sans conditions, car ce jeune homme n'a rien fait. Il n'a fait que gronder. Il n'a fait que dire et porter la voix des sans-voix, c'est-à-dire des fils d'enfants de pauvres de ce pays dont vous-même vous vous revendiquez. Il n'a fait que dénoncer ce que vous venez de confirmer en pays akyé. Le laisser croupir à la MACA sans broncher, c'est que vous cautionnez le racket, la corruption, l'injustice et les inégalités sociales dans notre pays que vous feignez de combattre, parce que rentable et profitable sous le régime que vous dirigez.

Par ailleurs, Monsieur le Président, vous dites que vous ne pouvez pas courir après deux écureuils et que vous attendez le retour de la Paix d'abord pour agir, alors pourquoi chercher cette Paix tant désirée quand on frustre une frange de la population pour ses opinions ? Vous attendez plus de deux semaines après l'emprisonnement du jeune ASSALE pour aller faire croire aux Akyés que vous entendez leurs grondements et leurs pleurs sur ces phénomènes qui minent notre cher pays. Si vraiment, vous entendez tout ce qui se dit auprès de vous et sous votre régime, alors, faites libérer ASSALE Antoine.

Par ailleurs, Monsieur le Président, je tiens à vous dire que le peuple akyé dont je fais partie n'est pas un peuple qu'on " corrompt " facilement. Nous avons toujours dit ce que nous pensons et ce qui était bien pour nous (Cf. les répliques de feu Maître Adam Camille au président Houphouët, Yanon Yapo que vous admirez tant pour avoir dit le droit quand vous étiez emprisonné en 1992 à la suite d'une marche que vous avez organisée). C'est donc ce qui fait la force et fonde la façon d'être de l'être humain Akyé. Si aujourd'hui la plupart de ces Akyés vous " portent dans leur cœur " c'est tout simplement parce qu'ils aiment votre façon directe de dire les choses (Votre patronyme GBA - GBO " dire de façon directe, crue ", les nouchis parleront en terme de " dire les gbê " est pour quelque chose dans notre langue) et non pas parce qu'ils ont cru totalement en votre projet de gouvernement. La preuve, depuis votre ascension au pouvoir, vous avez nommé des ministres issus du pays akyé que sont Monnet Emmanuel, Achi Patrick, Ohouochi Clotilde, Bro Grégbé, mais qu'ont-ils fait pour leurs villages avant, pendant et après leur nomination ? Pensez-vous qu'ils sont les plus brillants, les plus connus et les plus aimés en " pays " akyé ? Non ! Savez-vous aussi que la jeunesse du Canton Tchoyasso, précisément celle d'Adzopé gronde et est en colère contre votre Ministre Léon Emmanuel ? Tout simplement parce que Monsieur le Maire (puisqu'il est également le maire d'Adzopé) se fout d'elle, l'utilise à d'autres fins et donc " n'est plus en odeur de sainteté " avec lui (Cf. Frat-Mat du 21 novembre 2007 et “Le Nouveau Réveil” du vendredi 14 décembre 2007) au lieu que celui-ci l'aide à s'insérer socialement. Voilà un peu ce qui se passe sous le régime que vous dirigez.

Monsieur le Président, en pays akyé, c'est notre fierté à nous surpasser, à prouver que nous sommes capables de faire plus que l'autre qui a amené un tant soit peu presque tous les villages akyés à se développer. Vous avez pour preuve le planteur akyé dans les années 60 qui, pour prouver à son frère ou à sa sœur du même village que lui, qui vient de faire partir un de ses enfants en Europe, lui, à son tour enverra aussi un ou deux de ses enfants pour montrer qu'il est capable d'en faire autant. Bien avant que vous ne soyez président, nos villages n'étaient pas nécessiteux. Quelque part, Feu le Président Houphouët, en mettant fin à la fête de l'indépendance qui se faisait de façon tournante dans une des villes choisie à la volée et que la ville d'Adzopé devrait également abriter et qui fut interrompue au dernier moment, nous a choqués et du même coup nous a appris, nous les Akyés, à prendre le destin de nos villages en main, à nous assumer nous-mêmes. Ce qui fait que de nombreux villages akyés ont pris de l'ascendance sur certains villages des autres régions du pays, en termes d'électrification et d'infrastructures, même si beaucoup de choses restent à (re)faire.

En conséquence, le peuple akyé n'est pas la chasse gardée d'un homme ou d'un parti politique. Ce peuple, dans sa masse, ne trahit pas non plus. Vous avez vu juste en allant séjourner en pays akyé ces temps-ci. Puisque vous n'êtes ni sourd, ni aveugle aux pleurs et aux grondements de la population, c'est que sûrement vous avez entendu et vu de loin les pleurs et les grondements de ce peuple-là qui a toujours " dit les gbê " à ceux qui le trahissent ou qui ne tiennent pas leurs promesses. Ce qui risque de compromettre votre réélection au poste de Président de la République.

Par ailleurs, Monsieur le Président, " nul n'a le droit d'être heureux tout seul ", comme l'a dit le vagabond de la charité, Raoul Follereau qui, pour montrer le sens du partage, de générosité et d'hospitalité aux peuples akyés, a érigé un Institut pour prendre en charge les malades de la lèpre et ce n'est pas pour rien que la ville d'Adzopé (le plus vieux département akyé) a été choisie pour accueillir les " rejetés de la nation " d'autrefois.

C'est pourquoi, je vais terminer cette lettre, Monsieur le Président, en vous demandant de ne plus mettre les problèmes de racket, de corruption grandissante, d'injustice et d'inégalités sociales qui sévissent au su et au vu de tout le monde sous votre règne sous le compte de la guerre (car nous avons déjà et tellement entendu cela) mais plutôt sur la façon de gérer de vos proches collaborateurs, vos amis les refondateurs qu'on désigne par les pseudonymes de "nouveaux riches" ou de "coupeurs de route". Ces appellations, je sais aussi que vous les avez déjà entendues, car vous n'êtes ni sourd, ni aveugle.

Alors, monsieur le Président, dites maintenant une parole pour que la Côte d'Ivoire guérisse de ces phénomènes criants que sont la CORRUPTION et l'INJUSTICE. En le faisant, vous nous aiderez, nous les jeunes qui sommes à l'extérieur du pays pour nos formations à rentrer dignement au bercail nous mettre au service de notre chère Côte d'ivoire, car le pays nous appelle. Et puis vous aiderez sûrement le jeune ASSALE Tiémoko Antoine à rêver sa vie et à vivre ses rêves : lutter contre un seul et unique mal : la CORRUPTION.
 
Une contribution parue dans Le Nouveau Reveil (Quotidien ivoirien de l'opposition) N° 1817 du samedi 12 janvier 2008 et consultable sur le lien http://news.abidjan.net/article/?n=277679  et sur http://www.ivoirenews.net/news/1555.html  pour la libération du jeune ASSALE Tiémoko Antoine emprisonné pour ses opinions à 12 mois ferme à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA).
 
1/1/2008

RETROSPECTIVE MUSIQUE : LES ARTISTES AFRICAINS QUI ONT MARQUE L’ANNEE 2007

 

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Des artistes africains ont fait montre de leur talent qui, pour certains, ont sorti un album qui, pour d'autres, se sont affichés à travers des concerts tout au long de l'année 2007. Nous vous faisons donc une rétrospective de ces artistes qui ont marqué leur passage sur la scène musicale internationale durant l'année écoulée. Ce sont entre autres :

ALPHA BLONDY (Jah Victory) : De la gloire à la victoire de Dieu !
À 61 ans, le père du reggae ivoirien signe son grand retour sur la scène internationale avec un dix-septième album, Jah Victory sorti le 29 octobre 2007 est un album tonique, où Alpha Blondy donne la pleine mesure de son talent et lance des messages d'espoir et d'encouragement à la jeunesse africaine. « Sur mon premier album, Jah Glory [sorti en 1982], je célébrais la gloire du Seigneur. Aujourd'hui, je célèbre sa victoire sur les méchants, les jaloux, toutes ces gens qui voulaient voir mon pays sombrer. Mais la Côte d'Ivoire est toujours là… », confiait la star du reggae à un quotidien ivoirien. Son concert au Zénith de Paris, le 16 novembre puis le FESTARRR, le 30 décembre 2007 à Abidjan qui ont drainé du monde, prouvent que Jagger est toujours en phase avec ses « Bramôgôs ».

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MAGIC SYSTEM (Ki Dit Mié) : L'espoir fait vivre !
Depuis « Premier Gaou » jusqu'à « Ki dit Mié » en passant par « Poisson d'avril » et « Cessa kiè la vérité », les Gaou-Magiciens du zouglou sont restés constants sur la scène internationale par des singles aussi envoûtants les uns que les autres. Très médiatisés en Europe à travers les shows télé, le groupe Magic System ne cesse de faire la fierté d'une génération musicale et de porter haut le flambeau de la musique ivoirienne en répandant la bonne parole de la danse et de l'espoir. Le groupe a fêté ses dix ans de carrière avec la sortie de son album « Ki dit Mié » en Europe ou « Tapé Dos » en Afrique.

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ANGÉLIQUE KIDJO (Djin Djin) : Un album, des tournées, une nomination.

Sorti le 30 avril 2007, l'album Djin Djin d'Angélique Kidjo remet le Benin, son pays natal, au centre de sa musique. Qualifié en trois mots : "riche, dense et beau" par le quotidien national américain USA Today Djin Djin permet à la diva béninoise de sillonner le monde (Amérique, Europe, Afrique) en « sons de cloches » depuis le mois d'avril 2007 jusqu'à la nouvelle année 2008. Produit par le légendaire Tony Visconti, l'album a reçu un flot de critiques élogieuses. Reconnu dans la catégorie des Best Contemporary World Album, Djin Djin est nominé au 50ème Annual GRAMMY Awards (une cérémonie de récompenses décernées chaque année aux États-Unis par la Recording Academy et qui honorent les meilleurs artistes et les meilleurs techniciens dans le domaine de la musique) prévu pour le 10 février 2008, au Staples Center de Los Angeles, aux USA. Après Makeba, Dibango, Fela, Youssou N'Dour et Mory Kanté, Angélique Kidjo est la plus jeune des artistes africains à connaître une véritable carrière internationale.

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FALY IPUPA (Droit chemin) : L'étoile montante de la musique congolaise.
Recruté par test en 1999, Fally Ipupa n'a pas tardé à imposer sa voix et ses coups de reins érotiques au sein de l'écurie Olomidé. Deux chansons : « Eternellement » dans l'album « Force de frappe » et « Kokokoko » dans « Affaire d'Etat » devenues des tubes ont suffi pour rendre Fally Ipupa aussi célèbre que ses prestigieux aînés. Possédant un sens très poussé dans la conception des choses plutôt que dans l'écriture de ses chansons, la sortie de « Droit chemin », le premier album en solo qu'il a réalisé à Paris avec l'aide du mécène ivoirien David Monsoh s'est révélé comme étant un best seller. Etoile montante de la musique congolaise, le chanteur Fally Ipupa est devenu « Monsieur spectacle » de Quartier Latin. Son spectacle à guichet fermé le 7 avril 2007 à l'Olympia a confirmé la force de frappe de l'enfant prodige du N'dombolo.

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MOKOBÉ (Mon Afrique) : Du rap à la sauce africaine.
Co-fondateur du Groupe 113 avec l'Algérien Abdelkrim Brahmi-Benalla dit Rim'K et le Guadeloupéen Yohann Duport alias AP, Mokobé s'est remarquablement affirmé devant le grand public par sa collaboration avec le groupe Magic System dans « Un gaou à Oran » puis dans « Bouger Bouger ». Mon Afrique, son premier album solo plein de couleurs a sollicité les featurings d'artistes africains et des stars du Hip hop de renom. En mélangeant le Rap à la musique traditionnelle africaine dans ce premier opus, Mokobé a su donner un nouvel air frais au rap et lui apporter un peu de culture, en allant chercher l'inspiration sur ses terres d'origine, ses racines. Pour son premier test solo réussi, cette personnalité respectée de la scène rap en France l'a confirmé par un concert le 31 octobre 2007 au Bataclan, à Paris.

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TIKEN JAH FAKOLY (L'Africain) : Le retour au bercail de l'Africain.
Chanteur polémiste charismatique, Tiken Jah Fakoly est l'un des reggaemen les plus plébiscités du public français. Au début de l'année 2007, l'artiste se produit au Mali puis enchaîne des dates en Europe jusqu'à l'été. On le retrouve dans de grands festivals comme en juillet, à Dour en Belgique, au festival d'été de Québec ou au Sziget de Budapest en Hongrie pendant le mois d'août. Le 24 septembre, l'artiste sort son nouvel album "L'Africain" enregistré à Bamako au Mali, une façon pour lui de voir son continent uni. Après son concert époustouflant le 15 octobre à l'Olympia puis sa tournée africaine le 29 novembre, fait marquant : pour la première fois depuis cinq ans, le musicien revient en Côte d'Ivoire dans son pays où il se produit à Abidjan au parc des sports de Treichville devant de nombreux fans pour un concert de la "réconciliation", le 8 décembre.

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YOUSSOU N'DOUR (Rokku Mi Rokka) : 8ème étoile pour « La voix de la Médina ».
L'une des voix africaines les plus reconnaissables est revenue sur le devant de la scène avec son huitième album "Rokku Mi Rokka" (Ce qui signifie « prendre et donner » en toucouleur) sorti en octobre 2007. L'étoile de Dakar en a profité pour retrouver ses fans qui l'attendaient depuis un moment dans trois soirées au Cirque d'Hiver dans le cadre du festival d'Ile de France puis en donnant un concert au Bataclan à Paris en novembre dernier. Cette huitième étoile pour Youssou N'Dour marque son pari faisant de lui, non seulement une voix chantante, mais aussi une voix respectée et influente dans le monde.

 

Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/10/2007retro/index.htm

"LES PARURES NOMADES" DE ROSELYNE BELINGA : QUAND L’AFRIQUE S’EXPORTE A TRAVERS SES BIJOUX

 

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Du bois d'ébène taillé et coupé en rondelles, de la corne de b--uf polie et vernie, du métal orné, des cauris, des pierres semi-précieuses, du cuir, des perles de verre…, le tout assemblé dans une harmonie de couleurs pour confectionner des bijoux féminins que Roselyne Belinga appelle "Parures nomades".

On retrouve chez elle, dans sa petite exposition du 15è arrondissement de Paris, des parures féminines réalisées à partir de matériaux que l'on peut retrouver dans différents pays d'Afrique et d'ailleurs.
« En tant que styliste, je me suis spécialisée dans la création de bijoux-fantaisies haut de gamme. J'utilise le terme « Nomade » parce qu'il s'agit d'assemblage de matières, d'exploration de codes, volumes et couleurs d'ici et d'ailleurs, pour mettre en valeur la beauté des femmes. Implicitement aussi, « Nomade » c'est le voyage, le mélange culturel, une forte influence ethnique que je mets en exergue. La rencontre de ma culture avec des méthodes d'assemblage et de finitions contemporaines », nous explique la créatrice du concept.
Roselyne Paule Belinga est styliste peintre diplômée de l'Ecole Supérieure des Arts et Techniques de la Mode (ESMOD International), la première école de mode en France. Elle est lauréate du 1er prix Créations et savoir-faire, un salon organisé par son école d'alors en 2004. Jeune femme pluridisciplinaire d'origine camerounaise, Roselyne est également musicienne, auteur-compositeur et choriste de certains artistes de renom tels Lokua Kanza, Manu Dibango et Richard Epesse Group. Parures nomades est le nom de son concept.

"Parures Nomades"
Achat sur commande
Téléphone : 06 89 29 47 20

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Par ATSE N'CHO DE BRIGNAN 

E-Mail : brignan@gmail.com

Un article pour le magazine en ligne www.100pour100culture.com et consultable sur http://www.100pour100culture.com/archives/10/camerounaise/index.htm

 

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